Celui que j'aime (Guillaume Ledoux/Blankass)

 

Je t'aime bien mon petit,

Mais tu peux pas savoir,

Comment elle est ma vie,

Oh, je voudrais pas te décevoir.

 

Mais debout sur mon trottoir,

J'en vois plein des comme toi,

Qui parlent de m'emmener,

Ou de me faire décrocher…

Mais tu sais, ouais, tu sais….

 

Celui que j'aime, c'est Paulo

Et je veux pas le laisser,

Et si je voulais le quitter,

Je sentirais son couteau.

 

Celui que j'aime, c'est Paulo

Et je veux pas le laisser

Et si je voulais me barrer,

Je sentirais son couteau…

Sur ma peau…

 

Si tu savais, mon p'tit

Comme t'es trop loin pour moi.

Et que si je suis là pour lui,

Je partirai pas pour toi.

 

Malgré tes jolis mots,

Ma lumière des matins,

C'est le cœur de Paulo,

Dans le cœur de mes mains.

Mais tu sais, ouais tu sais…

 

Celui que j'aime, c'est Paulo

Et il veux pas me lâcher

Et je veux pas le lâcher

Et je veux pas crever.

 

Celui que j'aime, c'est Paulo

Et je veux pas le laisser

Et si je voulais me barrer,

Je sentirais son couteau…

Sur ma peau…

 

J'ai fini par me dire

Que j'étais là pour ça,

Que j'avais rien à dire,

Que je pouvais rester là.

 

Tu me parles de voir plus loin

Que putain ou chagrin.

T'imagine pas, p'tit gars,

Du chagrin, j'en ai pas…

 

La colère des Dieux (Blankass)

 

Alors tu vénères un Dieu ?

Tu fais la pute pour un Dieu,

Mais ça te coûte de l'argent,

Ils te sucent jusqu'au sang…

S'ils voyaient ce qu'on fait d'eux,

C'est la colère des Dieux.

 

Si tu es fier d'être blanc,

Même si tu trouves ça marrant,

Tu peux rentrer dans le Klan,

Ou les tuer sur le champ.

Si les hommes ouvraient les yeux,

Voir la couleur des Dieux…

 

Y'a un gros malaise chez les Dieux,

Je crois qu'ils s'entendent plus entre eux,

Les couleurs, ils en font des jeux,

Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour eux ?

 

Ca sent la poudre qui crame,

Ca pue la connerie qui fane,

Et sur nos pauvres crânes,

C'est le ciel qui se rétame.

Trois milliards de gens vont se faire vieux.

Où sont passés les Dieux ?

 

Alors tu vénères un Dieu ?

Tu fais la pute pour un Dieu,

Mais ça te coûte de l'argent,

Ils te sucent jusqu'au sang…

S'ils voyaient ce qu'on fait d'eux,

C'est la colère des Dieux.

 

Y'a un gros malaise chez les Dieux,

Je crois qu'ils s'entendent plus entre eux,

Les couleurs, ils en font des jeux,

Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour eux ?

 

La couleur des blés (Blankass/Johan Ledoux)

 

L'heure de la sortie a sonné

Encore une journée passée à rien penser…

Courir, payer, acheter, voler…

Et un jour oublier la couleur des blés

 

Moi, j'ai vu des bateaux couler

Sans un poing levé, sans une voix haussée.

Apprendre à ne jamais rien demander,

Surtout ne pas regarder les gens tomber…

 

Un peu plus de sang sur les doigts

Mais c'est ça le paradis.

Si tu vois par dessus les toits,

La couleur est vert-de-gris.

 

Un peu plus de sang à cracher,

Mais petit, c'est beau la vie !

En dedans, les gens sont cachés,

La nuit tous les chats sont gris.

 

Les trains sont pleins de gens pressés.

Pressés d'arriver, se coucher, se lever…

Un jour maussade et un jour gai,

Suivant l'arrivage, la quantité du blé…

 

Un peu plus de sang sur les doigts

Mais c'est ça le paradis.

Si tu vois par dessus les toits,

La couleur est vert-de-gris.

 

Un peu plus de sang à cracher,

Mais petit, c'est beau la vie !

En dedans, les gens sont cachés,

La nuit tous les chats sont gris.

 Bis

 

L'heure de la sortie a sonné

Encore une pensée pour ce qui aurait pu se passer…

Tu peux me trouver décalé…

Moi, tu sais, je n'aime que la couleur des blés…   

 

Danse avec les vieux (Guillaume Ledoux/Blankass)

 

La nuit au Balajo,

T'es Roméo ou Valentino.

Parquets cirés, valses et tangos…

En passant par chez toi,

J'ai vu la fête et j'ai vu la joie,

Dédé d'Montmartre et la java…

 

Hé, Hé, déchiré, à plus pouvoir tourner,

Dans leur ivresse et dans leurs yeux,

Tu danses avec les vieux.

Hé, Hé, fatigué, à plus pouvoir valser

Sous les plafonds ou sous les cieux,

Tu danses avec les vieux.

 

T'en as connu des soirs,

Jusqu'au matin, assis dans les bars,

Plus rien entendre et plus rien voir….

Mais quand le jour se barre,

Les lustres des bals allument le noir,

Le cafard crève sur le comptoir…

 

Hé, Hé, déchiré, à plus pouvoir tourner,

Dans leur ivresse et dans leurs yeux,

Tu danses avec les vieux.

Hé, Hé, fatigué, à plus pouvoir valser

Sous les plafonds ou sous les cieux,

Tu danses avec les vieux.

 

La pluie tombe sur les toits,

Les rues sont grises, le ciel est froid,

Même le soleil a peur de toi…

On s'en fout du soleil,

Vive la nuit et les cartes vermeil,

Ce soir on fait valser les vieilles !

 

Hé, Hé, déchiré, à plus pouvoir tourner,

Dans leur ivresse et dans leurs yeux,

Tu danses avec les vieux.

Hé, Hé, fatigué, à plus pouvoir valser

Sous les plafonds ou sous les cieux,

Tu danses avec les vieux.  

 

Le garagiste (Johan Ledoux/Blankass)

 

L'autre jour, parti en promenée,

Mais pas choisi le good day.

Pas de chance, le pneu crevé,

Et le char, he was bien fatigué.

 

Just park sur le bas côté

Little boy se met à pleurer,

And all the family à pied,

Dans le bayou, on s'est égaré.

 

Bonjour Monsieur le garagiste

Bien besoin de votre service

Sur le char, y a le pneu crevé.

I don't no comment le réparer.

Merci Monsieur le garagiste,

Merci pour votre service

Bonjour à votre jolie madame

Et un dollar pour la dépanne.

 

L'autre jour, parti en promenée,

Mais pas choisi le good day.

Pas de chance, le pneu crevé,

Et le char, he was bien fatigué.

 

Et le soleil was couché,

Dans le bayou, on s'est égaré.

 

Bonjour Monsieur le garagiste

Bien besoin de votre service

Sur le char, y a le pneu crevé.

I don't no comment le réparer.

Merci Monsieur le garagiste,

Merci pour votre service

Bonjour à votre jolie madame

Et un dollar pour la dépanne. 

 

Léon (Guillaume Ledoux)

 

Léon l'alcoolique était bien sympathique,

Le geste méthodique et le pas dynamique,

Et tandis qu'il nous parlait de ses goûts politiques,

Sa bouche dégageait des vapeurs éthyliques.

 

Léon, Léon, tu vois bien que t'as bu

Léon, Léon, tu vois bien que t'es saoul

Léon, Léon, y a vraiment de l'abus !

Ne parles pas avec nous, si tu bois comme un trou !

 

Et quand Léon pleurait, il nous promettait

Qu'avant de n'être plus rien, l'avait été quelqu'un.

Il avait connu Johnny, c'était son meilleur ami,

Et Guy Lux, et Garcimore, et Henry Salvador !

 

Léon, Léon, tu vois bien que t'as bu

Léon, Léon, tu vois bien que t'es saoul

Léon, Léon, y a vraiment de l'abus !

Ne parles pas avec nous, si tu bois comme un trou !

 

Mais, parfois, Léon s'énervait, car il était susceptible,

Malgré ce qu'on lui disait, il devenait terrible.

Et tel le lion blessé, dans un dernier sursaut,

Il buvait sans payer des grands verres de Bordeaux !

 

Léon, Léon, tu vois bien que t'as bu

Léon, Léon, tu vois bien que t'es saoul

Léon, Léon, y a vraiment de l'abus !

Ne parles pas avec nous, si tu bois comme un trou !

 

Ouais, je te crois Léon,

Mais oui je sais bien que tu t'y connais.

Oui, Léon, on la connaît ton histoire.

Allez Léon, tu manques pas d'charme

 

Léon, Léon, tu vois bien que t'as bu

Léon, Léon, tu vois bien que t'es saoul

Léon, Léon, y a vraiment de l'abus !

Ne parles pas avec nous, si tu bois comme un trou ! 

 

Maria (Guillaume Ledoux/Johan Ledoux)

 

Moi, je m'en fous de ta mère,

Moi, je m'en fous de ton père,

Moi, je m'en fous de tes frères,

Tu parles d'une affaire.

 

Moi, je veux pas la colère,

Moi, je veux pas les galères.

Faut pas que t'écoutes ça,

Faut pas que tu fasses ça.

La vie c'est pas ça.

S'il te plaît, ne crois pas

Que c'est mal, ce qu'on fait là.

 

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

 

Dans notre HLM,

L'amour, c'est le même

Que partout ailleurs,

Que partout, mon cœur.

 

Qu'à Paris, qu'à Porto

Et c'est pas nouveau.

Et puis tes cheveux noirs,

Et tes yeux marrons,

J'y pense tous les soirs

Et je regarde le plafond,

Et je te crie ma chanson.

 

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

 

Maria, écoute-moi,

Et puis rappelle-toi,

Que l'amour n'a

Jamais, jamais connu de lois.

 

Maria, malgré tout,

Même si ça dure pas,

Même si tu t'en fous,

Même pour quelques mois,

On peut bien rester là,

Puis après, on verra…

 

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria

Oh Maria, Oh Maria  

  

Tes mauvais jours (Blankass/Johan Ledoux)

 

Il fait gris sur tes mains,

La lumière te plaît pas.

Toi qui dansais pour rien,

Toi qui dansais pour moi.

 

Un matin amoché,

Une soirée abîmée,

Et tous les jours chez toi,

Tes mauvais jours sont là

 

Moi je connais l'endroit,

Où la nuit ne tombe pas,

Où le soleil est roi…

 

Fini ça !

Les couteaux dans ta voix,

Les trous dans ta joie…

Et basta !

Les jours sans éclat,

Les coups durs et les coups bas.

 

On voit beaucoup moins bien,

Avec les yeux fermés,

On va beaucoup plus loin,

Si on sait où aller…

 

Si tu préfères l'aurore,

Aux soirs où tombe le noir,

Tes mauvais jours sont morts,

Tes mauvais jours se barrent.

 

Fini ça !

Les couteaux dans ta voix,

Les trous dans ta joie…

Et basta !

Les jours sans éclat,

Les coups durs et les coups bas.  

  

Monseigneur (Blankass)

 

Monseigneur est bien triste, au lever du soleil,

Après sa nuit passée, à vider sa bouteille.

Le regard égaré au fond de sa gamelle,

Monseigneur rêve encore aux cris de ses fidèles.

 

Le père de Monseigneur était maître après Dieu,

Monseigneur se souvient, lorsqu'il était petit

D'avoir grandi heureux, par la loi du sang bleu,

Mais les temps ont passé, sans se soucier de lui.

 

Monseigneur a pris

Un grand coup dans la gueule,

Il essaye en métro, d'éviter République.

C'est l'histoire, Monseigneur est bien triste

D'un homme seul, Monseigneur est bien triste.

 

Lui qui ne demandait qu'à régner simplement.

Les jolies fleurs de lys sur un beau drapeau blanc.

Affamer quelques gens pour mieux se faire aimer,

Et punir les manants pour finir en beauté.

 

Monseigneur a pris

Un grand coup dans la gueule,

Il essaye en métro, d'éviter République.

C'est l'histoire, Monseigneur est bien triste

D'un homme seul, Monseigneur est bien triste.

 

Monseigneur est bien triste au lever du soleil.

Il habite à Sarcelles, tout au fond des ruelles.

Vieux squelette au musée d'histoire naturelle,

Monseigneur rêve encore aux cris de ses fidèles.

 

Monseigneur a pris

Un grand coup dans la gueule,

Il essaye en métro, d'éviter République.

C'est l'histoire, Monseigneur est bien triste

D'un homme seul, Monseigneur est bien triste.

    

Qui se souvient (Guillaume Ledoux/Johan Ledoux)

 

Qui se souvient du père Martin,

De son vélo ou de son chien ?

Sa femme était saoule au matin,

Lui, c'était le prince des vauriens.

 

Qui se souvient de la mère Michel,

Du fils Machin, de la fille Untel,

De la ville, c'était la plus belle,

Avant qu'elle ne fasse les poubelles

 

Qui se souvient, qui se souvient,

Des jours anciens, des petits riens.

Qui se souvient de ces matins

Où la gloire était dans nos mains.

Qui s'en souvient, qui se souvient,

Des vieux copains des temps lointains.

Qui se souvient de ces destins

Hors du commun. Qui s'en souvient…

 

Qui se rappelle de ces moments

Où le temps s'arrêtait pour un temps,

Et de ces nouveaux nés d'antan

Qui sont de vieux morts maintenant,…

 

De ce seigneur d'il y a mille ans,

De sa femme, de son cheval blanc.

Peut-être qu'il aimait les enfants,

Peut-être avait-elle des amants ?…

 

Qui se souvient, qui se souvient,

Des musiciens, des filles de rien.

Qui se souvient de ces refrains

D'une première panoplie d'indien.

Qui s'en souvient, qui se souvient,

Des vieux copains des temps lointains.

Qui se souvient de ces destins

Hors du commun. Qui s'en souvient…

 

Qui revoit encore ce bistrot,

Des soirs de bière, des jours sans eau,

De cette rue et de ce jour froid,

Je t'ai vue pour la première fois.

 

Qui se souvient de ce crétin,

Des larmes qui coulaient sur tes mains.

Qui se souvient de ce chagrin,

Je m'en souviens…

 

Qui se souvient, qui se souvient,

De ceux qui sont restés plus loin.

Du vieux chemin, du vieux radin,

Du vieux voisin, qui s'en souvient ?

Qui se souvient, qui se souvient,

Des jours anciens, des petits riens

Qui se souvient de ces matins

Où la gloire était dans nos mains.

Qui s'en souvient ?  

 

Traverser les mers (Blankass)

 

A Noël, j'ai reçu un flingue et des cartouches,

Un drôle de goût dans la bouche…

Au revoir à ma mère, salut à mon père,

Je pars traverser les mers…

 

Chez moi les bateaux n'existaient qu'en photos…

J'aurais jamais pensé tomber sur ce rafiot.

Moi je voulais naviguer dans les mille et une nuits,

Et je vais passer ma vie à faire gaffe à ma vie

 

Naviguer

Mais pas vraiment comme je croyais,

Barouder

Sans la poudre et sans l'acier.

 

Faire briller le pont, et graisser des canons,

Voir décoller des avions…

Tous mes rêves de cavale et de vent dans les voiles

Se sont noyés dans du gaz-oil.

 

A vouloir transporter des épices et du rhum,

Me voilà dans l'armée, où on fait de moi un homme.

Et pour voir des endroits où plus personne ne vit…

On me dit "petit, dis merci à ton pays !"

 

Naviguer

Mais pas vraiment comme je croyais,

Barouder

Sans la poudre et sans l'acier.