Mistral 

 Récits de concerts

 7 avril 2001 Haute Nendaz

 

Ce soir-là aux Francofolies de Nendaz, il y avait Helène Segara sur la grande scène. Et dans les bars de la station un festival off où jouaient un certain nombre de groupes peu connus.

A la Bodega, dans une salle minuscule et enfumée, j’avais mon premier « rendez-vous » avec Mistral. Pas facile de jouer dans un tel contexte. La scène si petite qu’on se demande si tous les musiciens vont pouvoir s’y caser. Dans le public, des inconditionnels de la première heure et quelques curieux aussi sans doute.

Dès les premiers accords, le courant passe, mais je dois bien avouer que je n’accroche pas au quart de tour, les trois premiers morceaux sont agréables, sans plus… Puis viens Hissons les voiles, et là, le grand déclic. Une chanson comme je les aime. Un refrain qu’on a envie de chanter instantanément, une mélodie géniale, un air du large qui me rappelle un peu Dès que le vent soufflera ou Santiano.

Mon approche change alors. De simple curieux, je deviens spectateur attentif. Malgré une sono pas toujours au top, les chansons se succèdent et mon intérêt grandit. La soirée se prolonge tard, très tard, un bœuf improvisé avec un joueur de djambés, quelques morceaux en rappel. Un chanteur qui ne veut plus quitter la scène, une dernière dit-il pour la 5ème fois.

Et quand ils reprennent Hissons les voiles avec en plus une guest star féminine au chant, c’est la cerise sur le gâteau.

Le retour est tardif, mais une chose est sûre, je n’ai pas fini d’écouter Mistral !!!!

26 mai 2001 Orsières

Cadre très différent pour mon deuxième contact avec Mistral. Une fête villageoise consacrée en grande partie aux artistes de rue. Et une scène sur la place du village, entourée de cantines. Autant dire que les gens présents n’étaient pas vraiment là pour Mistral, mais plutôt pour faire la fête.

Ce ne fut donc pas un concert très facile. Peu d’ambiance, un son moyen, et un concert frustrant. En effet, non seulement il débuta avec un bon retard, mais en plus il fut brutalement interrompu pour laisser la place à la messe !!!! Il n’y a probablement qu’en Valais qu’une telle aberration peut arriver.

En plus, le groupe ne jouait qu’à quatre, en raison de la défection de l’un des membres.

Qu’importe, le fan club était là, encore plus nombreux qu’à l’accoutumée, et heureux de se rencontrer.

8 juin 2001 Martigny

Cette fois, il s’agissait d’un festival organisé pour promouvoir de jeunes talents. Organisé dans une halle plutôt sinistre, avec un manque de publicité flagrant, ce fut au niveau du nombre de spectateurs un relatif fiasco.

De plus, Mistral s’est vu contraint de se produire entre un groupe de hard-rock et un autre de noisy pop, ce qui ne correspond pas vraiment à son créneau. Ce fut donc un set « normal », mais assez court en raison de la programmation successive.

A noter la présence d’un nouveau membre dans le groupe, dont les qualités semblent particulièrement convaincantes. Au final, un bon concert, sans surprise, mais apprécié.

14 juillet 2001 Anzère

 

Encore une fête villageoise, mais plus conviviale que celle d’Orsières. Le Paul Mc Bonvin band avait bien chauffé le public qui malgré les cantines, écoutait et applaudissait.

Quand Mistral débute son set, le fan club, augmenté d’un nouveau membre venu de Belgique pour l’occasion, s’enthousiasme d’entrée de cause. Les morceaux de grande qualité s’enchaînent dans une ambiance très sympa.

Estopie, Marmotte Ska, X, Mon arbre, l’incontournable Hissons les voiles, mais aussi Jade, Malude et d’autres encore se succèdent pour notre plus grand plaisir.

Quant, à l’heure du rappel montent sur scène Paul Mc Bonvin,  Didier Chammartin et Willy Neininger, c’est le délire autour d’un rock endiablé.

Puis Samuel et David Morard prennent le relais, et Mistral nous offre coup sur coup Pavillon noir de Soldat Louis, Un autre monde de Téléphone et pour finir en apothéose pour nous les fidèles, Socialiste de Renaud.

Le meilleur concert que j’ai vu à ce jour et l’envie sans cesse renouvelée de les réentendre très vite.

10 novembre 2001, Théâtre Interface à Sion

 

Cette fois, ce n’est plus une rumeur, le groupe en proie à des conflits internes s’arrête. Aujourd’hui, c’est la dernière ligne droite, l’enregistrement live, dans un petit studio, d’une galette « souvenir ».

Une centaine de spectateurs, tous des inconditionnels, un peu déçus de devoir assister assis à cet événement. Mais tant pis, l’important est d’être là, de chanter une dernière fois avec le groupe entier.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce fut un très très bon concert. Bien sûr, il y manquait l’ambiance particulière des open-air, les cordes cassées, les messes en cours de set, et même les commentaires d’un certain stéphanois, bien sage pour l’occasion J. Mais qu’importe, comme je n’ai hélas vu que trop peu de leurs prestations, j’ai découvert avec plaisir « Le pognon éblouit » et Baston reggae ». Et réécouté avec passion  les autres morceaux.

Quand Marc s’est approché des premiers rangs, et qu’il a annoncé qu’il allait nous faire une chanson offerte à Renaud, ce fut difficile. La chanson, disons-le tout net, est fabuleuse !!!!!!, mais pour nous les inconditionnels du roi Renaud, l’émotion était un peu « trop ». Et si une larme a perlé ici ou là, c’est parce que sans Mistral, certains d’entre nous ne se seraient jamais rencontrés !

Sur le titre qui suivit : l’incontournable « Hissons les voiles », c’est la rage au cœur et les bleus à l’âme qu’on a crié avec eux : « Allez viens, on embarque, on oublie le temps… ».

Mais le temps est assassin qui emporte avec lui les rêves des grands enfants et les MISTRAL gagnant.