L'Univers de Renaud

                                    

Toutes les chansons en relation plus ou moins directe avec le chanteur énervant

 

 

Les pièces rares de Renaud

Le ptit bal du samedi soir et autres chansons réalistes

Les chansons de Cant'el Nord

Molly Malone et autres chansons irlandaises

Les reprises par Renaud avec d'autres

Les reprises par Renaud seul

Les reprises de Renaud par d'autres

Renaud chante avec les autres ses oeuvres

Les hommages et les citations par d'autres

Les enfoirés

Renaud écrit et compose pour les autres

Les parodies, adaptations et imitations par des artistes

Les reprises et adaptations dans d'autres langues

 

"26 avril" 

 

Chanson enregistrée pour commémorer la catastrophe de Tchernobyl.

Figure sur la compilation "Tchernobyl, 20 ans" sortie en juin 2006

 

"Un sarcophage de béton,

triste présage, macabre nom.

Une fragile chape de béton

pour un futur nommé Armageddon, Armageddon

 

Les maisons, le ciel, la terre

les hommes, les enfants, les rivières,

Les animaux, la vie entière,

ont disparu dans la poussiè-ère, dans la poussière

 

Nucléai-ai-re, nucléai-ai-re

 

Tchernobyl respire encore,

le ventre n'est pas encore mort,

d'où a surgi la sombre aurore

ce monstre invisible qui dévo-ore

 

Les apprentis sorciers d'hier

sont toujours bien vivants, prospères

Les marchands d'armes sont milliardaires

Une EDF nous éclai-aire, nous éclaire

 

Nucléai-ai-re, nucléai-ai-re

Nucléai-ai-re, nucléai-ai-re

 

Armes chimiques ou lance-pierres,

les hommes s'entretuent entre frères.

L'être humain porte en lui la guerre

Comme l'orage porte l'éclai-ai-air

 

Mais fallait-il être pervers

pour inventer ce feu d'enfer

qui fera demain sur la terre

tomber un éternel hive-er, éternel hiver

 

Nucléai-ai-re, nucléai-ai-re

Nucléai-ai-re, nucléai-ai-re

ad lib"

"A bas, à bas, le Front National." 

 

Sur la cassette vidéo "Renaud à la Mutualité", Renaud scande, entre deux chansons, 

et juste avant Hexagone, avec ses amis du journal satirique français "Charlie Hebdo" :  

 

"A bas, à bas le Front National
l'époque fasciste et l'époque nazie"

 

 

"Allez l'OM"

 

On peut supposer que cette petite chansonnette a été interprétée 

pendant un concert du côté de Marseille.

 

"PSG je t'aime 

quand tu prends une branlée,

viens faire un tour à l'OM, 

on va te la donner.

 

Ca pue vraiment la haine,

les crétins, les blaireaux

PSG je t'aime 

quand tu prends une branlée,"

 

 

"Allez les mauves"

 

Dans l'émission TV Cargo de nuit en 1985, Renaud dit avoir été pendant un certain temps supporter du 

club belge d'Anderlecht (les mauves et blanc). Il avait alors écrit une petite chanson pour eux.

 

"En Belgique on a des moules, en belgique on a les frites

L'Atomium avec ses boules et puis le Mannekenpiss

Mais la gloire nationale de notre petit pays,

c'est une équipe de footballe où ne jouent que des génies

Les mauves

C'est pas des mauvais

c'est pas des mauviettes

y sont pas moroses

les mauves

C'est eux les meilleurs

c'est eux les vainqueurs

Y sont supérieurs

Anderlecht, Anderlecht"

 

 

"C.A.L. en bourse" - 1974

 

La grenade qu'un CRS m'a envoyée
L'autre soir au Quartier m'a beaucoup fait pleurer,
J'ai rejoint en courant la place Edmond-Rostand,
Y'avait des flics partout, et pourtant j'en rosse tant!

Dans la semaine ils mettent leurs petits PV,
Et le vendredi soir relancent nos pavés
Ces bourreaux, ces SS, qui nous filent des mornifles
Et qu'on attaque sans peur à coups de canif!

Les flics ne cognent jamais de la meme façon,
Tout dépend de la fille, tout dépend du garçon,
Moi je suis le polisson du centre Beaujon.

Là j'ai connu un flic que l'on appelle Eugène,
Car sa spécialité c'est la lacrymogène;
Je lui ai dit cent fois: "Arrete les crimes, Eugène!"

 

 

"Crève salope" - 1968

 

"Crève salope" est la première chanson de Renaud. Elle n'a jamais été enregistrée en studio.

Renaud l'a chantée a capela en 1984 dans une émission radiophonique. 

 

Renaud a aussi chanté a capela un extrait de cette chanson dans l'émission télévisée française 

"Studio Gabriel" en 1994 lors de la promotion de l'album "A la Belle de Mai".

 

Je v'nais de manifester au Quartier
J'arrive chez moi, fatigué, épuisé,
Mon père me dit : bonsoir fiston, comment ça va ?
J'lui répond : ta gueule, sale con, ça t'regarde pas !
Et j'lui dit : crève salope !
Et j'lui dit : crève charogne !
Et j'lui dit : crève poubelle !
Vlan ! Une beigne !

Le lendemain, comme tous les jours, j'vais au lycée,
Je rencontre dans la cour mon prof d'anglais,
Elle me dit : bonjour jeune homme, comment ça va ?
J'lui réponds: ta gueule, sale conne, ça t'regarde pas !

Et j'lui dit : crève salope !
Et j'lui dit : crève charogne !
Et j'lui dit : crève poubelle !
Vlan ! Une beigne !

L'proviseur m'a convoqué le lendemain,
Dans son cabinet privé, pour un entretien,
Y m'dit : essuyez vos pieds avant d'entrer.
J'ui ai dit : écoute mon pote, tu m'laisses causer !

Et j'lui dit : crève salope !
Et j'lui dit : crève charogne !
Et j'lui dit : crève fumier !
Vlan ! Viré !

Je m'suis r'trouvé dans la rue, abandonné,
J'étais complèt'ment perdu, désespéré,
Un flic me voit et me dit : qu'est-c'tu fous ici ?
A l'heure qu'il est, tu devrais être au lycée,

Et j'lui dit : crève salope !
Et j'lui dit : crève charogne !
Et j'lui dit : crève fumier !
Vlan ! Bouclé !

Je m'suis r'trouvé enfermé à la Santé,
Puis j'ai été condamné à être guillotiné,
Le jour d'mon exécution, j'ai eu droit au cur'ton,
Y m'dit : repentez-vous mon frère, dans une dernière prière

Et j'lui dit : crève salope !
Et j'lui dit : crève charogne !
Et j'lui dit : crève fumier !
Vlan ! Y z'ont tranché !

 

 

"Déserteur" (version guerre du golfe)

 

Renaud a écrit une adaptation de "Déserteur" en 1991, en relation avec la "Guerre du Golfe". 

Cette adaptation était parue dans "L'idiot international" du 9 janvier 1991.

 

L'intégralité de ce texte aurait été diffusée à la même époque dans certains milieux 

estudiantins, sous la forme de tracts. Sur un de ces tracts, on pouvait lire : 

"Texte écrit par Renaud et donné à la J.C. pour contribuer à la mobilisation anti-guerre".

 

Monsieur le Président
Je vous fait une lettre
Pour vous dire simplement
J’irai pas au Koweit !

Ta logique de guerre
Ce n’est pas ma logique
La mienne est pacifique
Envers toute la terre.

Et si je prends demain
Un flingue une grenade
Sur une barricade
Ce ne sera, certain,

Que pour sauver ma peau
Celle de ceux que j’aime
De mes enfants et même
Des enfants du voisin.

Tomber pour Santiago
Ou mourir à Madrid
Se faire crever le bide
Pour chasser les bourreaux

Passe encore, mais jamais
J’n’irai donner ma peau
Ni pour un casino
Ni pour un pétrolier

Mourir pour un drapeau
Quelle idiotie suprême
Quand il est à l’emblème
De Shell ou Texaco.

Si tu veux, Président
Marquer vraiment l’histoire
Et mériter la gloire
Pour au moins deux mille ans

Envoie tes régiments
Libérer la Palestine
Là-bas on assassine
Chaque jour des enfants

Envoie tes bombardiers
Raser la Maison Blanche
Ce sera la revanche
De tous les opprimés

Ainsi finit ma lettre
J’hésite, je me tâte
Dois-je en rajouter quatre
Pour un dernier mot peut-être ?

 

 

"Fallait pas"

 

Film de et avec Gérard Jugnot, datant de 1996, avec François Morel, Jean Yanne, 

Michèle Laroque, Martin Lamotte, Micheline Presle, Claude Piéplu.

 

Bernard Leroy (G. Jugnot), peu dynamique chef du personnel, effectue un "stage" en montagne. Suite à un accident, 

il va chercher du secours dans un chalet isolé, local d'une secte dont Magic, fils de Dieu, le gourou, 

et son adjoint, Solo, éliminent les membres au cours d'une cérémonie expiatoire avant de partir avec le magot. 

 

On trouve un enregistrement de "Fallait pas" sur l'album "Le meilleur de la chanson" (1996), 

ainsi qu'un disque 45 tours de la B.O. du film.

 

J'ai pas inventé l'eau tiède
Ni la machine à cintrer
Les bananes
Alors forcément ca aide
Pour te r'trouver attifé
D'une soutane

Une cagoule du Ku-Klux-Klan
Sur ta tête toute pleine de vent,
Tu t'distingues
En faisant brûler d'l'encens
Dans une cave avec des glands
Frapadingues !

Fallait pas ? Ben ouais mais j'suis comme ça :
J'veux un Jésus, un Krishna,
Pour éviter les faux-pas...
Fallait pas ! Ben ouais mais j'ai pas l'choix :
j'veux un messie, un gourou
Pour me protéger des coups !
Eh ben quoi ?

T'as ton patron, ton p'tit chef,
Ta belle-mère, ton percepteur,
Sur le dos,
T'as Jésus, Marie, Joseph
Au d'ssus d'ton téléviseur
En photos,
Chacun sa croix, sa bannière,
Chacun son Dieu ou son maître, Son Zorro,
Moi j'ai trouvé d'la lumière
Chez les allumés d'une secte
De barjots

Fallait pas ? Ben ouais mais j'suis comme ça :
J'veux un messie, un gourou
Pour me protéger des coups !
Eh ben quoi ?

Je voyage sans valises
Sur les chemins d'l'inconscience
Du Grand Prêtre,
'Veut foutre le feu à l'église
Me d'mande d'lui trouver d'l'essence,
Des allumettes
'Veut carboniser ses ouailles
Et s'débiner, j'imagine
Aussi sec,
J'vais lui coller une mandale,
Lui faire passer l'goût du crime
À c'pauvr'mec !

Fallait pas ? T'as raison mon p'tit gars
J'veux plus d'Jésus plus d'Krishna,
Et j'vais arrêter l'yoga !
Fallait pas ! En fait t'as toujours le choix !

J'veux plus d'messie plus d'gourou
Pour me protéger des coups
J'ai mes p'tits bras

T'as raison mon p'tit gars !
J'veux plus d'Jesus plus d'Krishna,
Et tant pis pour mon Karma

 

"Hexagone" en Irlande

 

Renaud, lui-même, a fait une adaptation d'Hexagone,  interprétée en Irlande, lors d'un concert. 

 

Il a introduit cette version en disant que Lolita, sa fille, lui avait dit que la chanson Hexagone 

"craignait" au point de vue musical. Il a donc interprétée une version "plus musclée", "plus rock".

 

 

Jeu vidéo - Marche a l'ombre

 

Il s'agit simplement de la musique informatisée qui accompagnait le jeu

"Marche à l'ombre" qui a été commercialisé en 1987 pour les consoles

Amstrad CPC - Atari ST - Commodore 64 - TO8 et ZX Spectrum.

 

 

Juste pour rire

 

Renaud a composé ce texte spécialement pour le festival Juste pour rire de Montréal en 1988.

Il l'a chanté sur la musique de "Where do the children play" de Cat Stevens.

 

"J'uste pour rire, pour rester vert

Comme un jardin ou comme la mer

Comme les gamins, comme les grand-pères

Comme les sapins en plein hiver.

 

Juste pour rire, sans déranger.

Pour me faire ma raie sur l'côté

 

Juste pour rire, pour pas vieillir

où alors le plus tard possible

où vieillir bien comme le bon vin

où vieillir jeune juste pour le fun

 

Juste pour rire un tout petit peu

Pour me faire ma raie au milieu

 

Une petite toune, un air de clown.

Il y a de la joie partout.

Une ptite chanson, a little song

Juste pour rire de tout.

 

Juste pour rire, pour pas mourir

où alors avec le sourire,

où pour de faux comme les marmots,

où faire semblant comem les enfants.

 

Juste pour rire un ptit peu plus

pour me faire m'arrêt d'autobus

 

Juste pour rire sans faire d'histoires

pour me faire ma raie au beurre noir

 

Juste pour rire, sans déranger.

Pour me faire ma raie sur l'côté

 

Juste pour rire un tout petit peu

Pour me faire ma raie au milieu

 

Juste pour rire sans faire d'histoires

pour me faire ma raie au beurre noir

 

 

"Kanterbraü, je t'ai dans la peau"

 

Renaud a tourné une publicité, pour la marque de bière Kanterbraü.

 

"J'y ai dit, t'es mon poteau.
Si t'as besoin de moi t'a qu'a m'siffler,
J'viendrai te rejoindre dans ton bistrot,
Promis juré, tatata

Malgré l'ambiance, j'étais planté,
La Kanterbraü coulait a flots
L'père Kanter m'a dit, laisse tomber,
J'te paye un pot, ho ho

Une jolie blonde fraîche et amère,
Une douce légère, une Kanterbraü
Qu'j'ai dans la peau
Je m'suis sifflé une Kanterbraü
Pas au goulot, ho ho"


Accompagné par Jean-Louis Roques.

 

Le slogan final était :"Avec Kanterbraü, Maître Kanter fait chanter la bière."

 

 

L'interview 

 

Ce disque 33 tours de 1988 est un disque promotionnel, non commercialisé. 

 

Voici l'ordre des pistes :

 

Face A : 

1) La promo 

2) FM en général 

3) FM province 

4) Johnny Clegg 

5) Top 50


Face B

1) Élections

2) Jean-Luc Lahaye

3) Intolérance

4) Francis Cabrel

5) Jean-Jacques Goldman

6) Vanessa Paradis

 7) Révolution de Pierre

8) Israël

9) O.L.P

10) Grandes causes

11) Renaud dans 20 ans

12) Lolita dans 20 ans

13) Tournée en Province

 

 

Retranscription par Lydwine Fournier

La FM en général

J’suis jamais rentré en guerre ouverte avec les FM, hein. Tout l’monde sait, les gens qui m’connaissent, qui m’aiment bien savent que les FM c’est pas vraiment ma tasse de thé, quoi. Qu' j’fais pas d’la chanson pour les FM, pac’que les FM diffusent un certain type de musique. Moi, j’ai pas l’sentiment d’faire d’la musique, je … j’fais d’la chanson. Savoir qu’si les gens dansent dessus tant mieux mais j’préfère qu’ils écoutent, qu’il sourient, qu’ils pleurent, qu’ils… qu’elle leur ai apporté d’l’émotion plus que… . J’préfère toucher leur cœur, ou… que leur rythme, leur feeling. Donc… j’ai pas… j’ai pas un style de chansons qui s’adressent particulièrement aux FM. Il s’trouve que… pendant des années j’ai eu l’sentiment d’être un p’tit peu… pas boycotté par les FM mais que… Je passais pas trop, quoi.

La FM en province

Quand t’es en province et qu’t’arrives dans une loge de concert, que t’as une heure pour faire ta balance, ta répétition, une demi-heure pour bouffer un p’tit truc pa’ce que t’as pas bouffé d’puis la veille et que t’arrives dans ta caravane souvent un p’tit peu sordidos, cradingue et que t’as cinq radios FM du coin : trois commerciales, deux… une marginale, libertaire ou autre, une cinquième… Radio France ou tu as un correspondant local de Radio France, plus une télé, plus trois mecs d’une association qui viennent ‘vec leur p’tites mini-cassettes pourries, tu peux pas assurer tout, c’est impossible. Alors moi pendant des années, j’t’assure que j’ai… j’ai vraiment beaucoup donné aux FM, aux radios… libres d’abord, pirates… libres, ensuite radios locales privées. Ensuite j’ai essayé d’faire une p’tite sélection pa’ce que je… j’ai… j’passais trois heures avant d’monter sur scène à raconter ma vie, à m’expliquer, à m’justifier ; c’tait d’la folie, j’devenais barge. Et c’est épuisant en plus même physiquement, tu vois, de parler, de raconter et tout. De répondre à des questions intellectuellement aussi, de toujours s’justifier, s’expliquer et tout. T’es toujours… tu t’sens toujours un p’tit peu agressé, t’as l’impression d’être dans un tribunal, quoi. Et puis… et la presse, bon. J’estimais en plus que j’avais à peu près tout dit, quoi, sur ma carrière, sur mes idées, sur… Là, j’suis parti en tournée en m’disant, la tournée entre – tu vois – le moment où j’arrive dans une ville de province et l’moment où j’monte sur scène, j’veux être peinard, j’veux pas, j’veux plus d’ce… d’ce truc-là. Donc, effectivement, à la dernière tournée, j’ai… j’me suis pas fait des amis, quoi, au niveau des… des médias de… province. Mais j’peux… Si demain… Quand demain j’vais r’partir en tournée ça va être pareil, j’vais dire… bon j’fais une FM par ville. J’vais arriver à Bordeaux, j’vais avoir 5 FM qui vont m’proposer une interview, j’vais choisir laquelle ? La plus populaire ? La plus écoutée ? Celle qui a l’plus de pognon ? Celle… la plus marginale ? Les mecs que… Celle… qui m’amèn’ra une journaliste canon ? Ou celle où l’mec aura l’air sympa et tout ? J’vais accepter… Radio Aquitaine, on va m’dire : "ouais, t’es… t’es dur, t’as accepté d’faire une interview pour Radio Aquitaine, c’est une radio du RPR et puis t’as rej’té Radio Noire, c’était des p’tits anars du coin et tout, t’es un enfoiré et tout." Alors, qu’est-ce que tu veux faire ? Soit tu les prends tous, soit t’en prends aucun. La dernière tournée, j’ai… choisis d’en prendre aucun, de répondre à aucun, quoi.

Johnny Clegg

Quand les gens m'parlaient d'ma réussite... professionnelle et qui m'demandaient... c'que j'en pensais, comment j'analysais ça et c'que ça m'faisait, si ça m'rendait heureux, tout ça, j'avais tendance à répondre c'que répondait Coluche à la même question... genre : "Déjà ça m'arrive... Ca arriv'rait à mon meilleur pote, déjà j's'rai content. Alors imaginez un peu si ça m'arrivait à moi". Et ben moi j'disais pareil. J'disais... : "c'qui m'arrive c'est formidable. Mais déjà ça s'rait arrivé à mon... à ... à un copain à moi, j's'rai vraiment heureux alors en plus ça m'arrive à moi." Et 'vec Johnny Clegg, j'ai l'impression qu' c'est c'qui s'est passé. Moi j'étais... quasiment pas au top mais tu vois, bon, j'avais des bases solides en France, beaucoup d'disques vendus, beaucoup d'monde dans les concerts, popularité et tout ça. Lui débarque, j'lui file un p'tit coup d'pouce, un p'tit coup d'main, j'donne trois coups d'téléphone, j'fais... j'envoie la vidéo d'son... d'son clip à Drucker, j'en parle autour de moi. J'l'ai rencontré en Afrique du Sud, on fait un p'tit film pour les enfants du rock. En un an, il a acquis une popularité que moi j'ai pas acquise en 10 ans, quoi. Enfin au moins... au moins une popularité au niveau des ventes et d'la fréquentation d'ses spectacles, c'était... c'était exceptionnel et tout l'monde a été surpris. Mais... pour... Je n' ressens aucune amertume au fait qu’il nous aie tous niqués, tous pulvérisés au niveau des scores, au niveau des Top 50, Top 30 et tout, au contraire j'suis ravi, j'suis heureux. J'ai l'impression de... d'avoir assisté à un conte de fée qui lui arrive à lui. Quelque part d'avoir été un p'tit peu une des fées en question, quoi, qui a fait en sorte que l'espace d'un an ce type est d'venu une star européenne, bientôt mondiale; je pense, j'espère.

Le top 50

J’pense pas qu’il faille chanter des conneries affligeantes, forcément, pour rentrer au top 50, mais il s’trouve qu’ça doit être le goût des gens qui est… qui est bizarre, qui est capable de… les gens sont p’t être capable d’aimer des choses comme Johnny Clegg, des gens comme Johnny Clegg et en même temps des gens comme David & Jonathan. C’est possible, j’veux dire, moi j’aime autant… j’aime pas autant mais il m’arrive de… prendre du plaisir à écouter des chansons de Julio Eglesias ou de… de Mike Brant, quoi, et en même temps à écouter Sting ou Clegg. Mais j’constate que souvent dans les premières places du top 50, la chanson française est représentée par des gens dont la musique si elle est… bien que parfois… agréable ou dansante, souvent les paroles sont affligeantes et désespérantes de bêtise et de… c’est une insulte à la langue française en plus parfois. Donc j’trouve ça… J’trouve ça affligeant, ouais. J’veux dire… boys boys boys… franch’ment… ouais ben d’accord elle des loches… bon heureusement

Jean-Luc Lahaye

C’était pas un chanteur autrefois, c’mec-là ? Non, non, il m’semble qu’ y’avait un Jean-Luc Lahaye qui f’sait des chansons, qu’il chantait pas mal, d’ailleurs. Une belle voix qu’aurait pu, s’il avait m’né sa carrière avec intelligence, piquer l’ public de Sardou alors qu’il piquait l’public d’Hervé Villars et je crois que depuis quelque temps il s’est r’cyclé; il fait… il fait Guy Lux maintenant.

L’intolérance

Mais… je… j’ai jamais considéré que… que la tolérance était une vertu et que l’intolérance était un vice. Moi, je ne tolère pas le racisme, je tolère pas les… les bourreaux, j’tolère pas les massacres, j’tolère pas les viols, j’tolère pas tout ça. Donc… l’intolérance, elle est parfois… légitime.

Francis Cabrel

Francis Cabrel, c’est la plus belle plume de la chanson française aujourd’hui, ex aequo avec… qui ? avec… Charles Trenet et … c’est un mec qu’écrit très, très bien, de très, très belles chansons, c’est un mec qui est discret, qui est humble et puis qui… qui la ramène pas et qui fait des chansons superbes, quoi, et puis c’est un pote. Il m’fait rire et il a pas l’air drôle pourtant; il est vraiment… il l’est et puis… puis c’est tout.

Jean-Jacques Goldman  

Qu’est-ce qu’ vous voulez qu’ j’vous dise sur Jean-Jacques Goldman, moi ?

Vanessa Paradis

Eh ben bizarrement p’t être que pour les fans les plus fidèles de… de Renaud, ça va p’t être être étonnant mais c’est une p’tite gonzesse pour laquelle j’ai une grande, grande admiration et en qui je crois beaucoup et j’crois qu’elle ira très, très loin parc’que c’est une personnalité d’enfer. Elle est mignonne et belle comme tout. Elle a une voix… d’enfer. Elle chante très, très bien, exceptionnellement bien même. J’crois qu’elle va… qu’elle est là pour longtemps, quoi, qu’elle va durer que c’est pas… c’est pas un coup éphémère ou un tube éphémère, c’est vraiment une carrière qu’elle s’prépare. Parc’que y a quelque chose, quoi. C’est authentique, c’est…elle a quelque chose dans l’ventre. Voilà. J’aime bien ce qu’elle fait.

La révolution des pierres

Ben voilà, quand je dis.. dans une émission d’radio ou autre, un tel c’est un crétin, l’autre c’est un facho, ben ça fait les gorges chaudes, tout l’monde en parle et tout. Ben alors qu’c’est des mots, c’est du vent, c’est… c’est rien. Je fais un truc important, politique, artistique à l’Olympia avec des artistes qui soutiennent la révolution des pierres et les enfants palestiniens qui s’font… qui s’font dégober tous les jours, là personne n’en parle. Et pour réunir un plateau sur cet Olympia qui était bourré à craquer, on a trouvé deux artistes : Bernie, le chanteur de Trust et Graëme Allwright, artiste français, francophone, car paraît qu’il est Néo-zélandais, je crois, et tous les autres c’était, y’avait 25 artistes arabes de première génération, deuxième, Sapho, y’avait Sheck Kader et ça été fabuleux c’concert… un grand moment de… de music-hall, un grand moment de solidarité et effectivement personne n’en a parlé parce que ça dérange, parce que c’est pas médiatique, parce que c’est pas… y’a pas d’paillettes y’a pas la télé, c’est pas top 50, voilà. Ca… c’est politique. Les gens étaient même étonnés qu’ça ait lieu à l’Olympia ; ce genre de concert en général a plutôt lieu à la Mutualité.

Israël

Depuis… quelques années dans mes chansons, dans mes interviews, dans mes propos, je fais allusion au peuple palestinien et à leur problème, leur situation… en Palestine occupée. Je continuerai tant que… la paix s’ra pas rev’nue dans c’coin-là et tant que les Israéliens auront pas restitué les territoires occupés. Et si on peut plus parler d’ça sans… être taxé d’antisémitisme, sans que des imbéciles fassent pas l’amalgame… à savoir : anti-Israël, donc antisémite, eh ben je prends l’risque, tant pis. Je pense… avoir eu dans toute ma carrière… des… des options assez claires en c’qui concerne le racisme et l’antisémitisme. Si des gens peuvent me soupçonner d’antisémitisme, c’est que, c’est qu’ils m’ont pas bien écouté, quoi. Et si les gens… prennent le prétexte que j’défends la Palestine et que je vomis l’armée israélienne pour faire un amalgame un peu facile c’est qu’ils sont bête, franchement, ou qu’ils sont méchants. Alors, effectivement, la botte étoilée… je savais un p’tit peu que ça choqu’rait et j’aime bien provoquer, quoi. Provoquer des réactions pour faire bouger les gens. La botte pour moi c’est l’synonyme de l’oppression, quoi, de l’armée qui écrase un peuple, une terre et c’est complèt’ment l’cas… dans les territoires occupés. La botte ne renvoie pas forcément à l’armée allemande et… pas forcément non plus aux nazis et… et au… et au génocide.

O.L.P.

Si l’OLP… reconnaît pas l’existence d’Israël, je suis pas pour l’OLP. Et en aucun cas je f’rai un gala d’solidarité avec l’OLP. Là, j’avais fait un gala de soutien aux populations palestiniennes, en dehors de tout parti, de tout mouv’ment, de toute… Et d’ailleurs elles-mêmes, ces populations… ‘fin leur mouv’ment de… de révolte spontanée, l’OLP a essayé d’le récupérer, ce mouv’ment.

Les grandes causes

Si demain… quarante artistes français ou un artiste, ou deux ou trois, font appel à moi pour… faire un disque ou un concert… pour une cause aussi importante que celle qu’on avait défendue y’a trois, quatre ans, à savoir… essayer d’faire bouffer des enfants qui subissent la famine en Ethiopie, bien sûr que j’irai, au galop.

Renaud dans 20 ans

Comme dans la chanson Cent ans, assis sur un banc avec une canne, à contempler le monde qui s’effondre, les hommes qui s’entre-tuent puis… p’t'être que j’aurai renoncé à prendre ma guitare… pour dire c’qui m’plaît pas dans c’monde et je… regarderai pousser les platanes, écoutant chanter les oiseaux et r’gardant mes enfants grandir. Mais j’sais pas, j’m’imagine pas d’me voir dans vingt ans mais quand j’vois Hugues Auffray, par exemple, qui a soixante balais, je trouve qu’il est plutôt bien comme mec aujourd’hui. Mais si j’suis comme ça… dans vingt ans… ça m’déplaira pas.

Lolita dans 20 ans

J'aim'rai qu'elle soit heureuse, dans un monde... au moins, pas plus... comme c'lui d'aujourd'hui, quoi. Mieux j'y crois pas. Meilleur j'y crois pas. Mais au moins pas pire, quoi. Un monde respirable où y a encore des forêts, des oiseaux et d'la couche d'ozone au d'ssus d'la terre, qu'les pluies acides aient pas décimé toutes les forêts, que les trafiquants d'ivoire aient pas décimés tous les éléphants, qu'il reste des animaux sauvages, qu'il reste des rivières propres, qu'il reste des... c'qu'il en reste aujourd'hui. Qu'il reste des forêts... la faune, la flore, qu'il reste des hommes libres, qu'il reste des gens heureux et pis qu'il reste aussi des... des combats à mener, quoi. Sinon... qu'elle fasse le métier qu'elle veut du moment qu'elle s'y épanouit dedans et qu'elle veut être... artiste... fonctionnaire ou boulangère... c'est l'cadet de mes soucis. C'que j'veux, c'est qu'elle fasse le boulot qu'elle a envie de faire et qu'elle... qu'elle soit heureuse de l'faire.

Tournée en province

Ah, le fait d’commencer mon spectacle à Montpellier c’est pour plusieurs raisons : d’abord parc’ que quand on fait un nouveau spectacle sur Paris… après deux ans et demi d’absence, c’est toujours sympa de trouver une p’tite idée originale, quoi, pour… pour changer, pour… pour varier, pour étonner les gens. Donc le fait d’faire la première parisienne à Montpellier c’est déjà un p’tit truc… marrant. Ensuite c’est pour des raisons… économiques, culturelles, … ma volonté délibérée de décentraliser, d’être étonné, voire indigné par le fait que tout s’passe toujours à Paris, d’abord, et ensuite en province comme si… c’est un côté un peu méprisant, à part dans le théâtre où parfois les pièces de Robert Hossen par exemple se montent à Strasbourg ou à Nancy avant d’venir à Paris. Dans l’music hall et l’rock-n-roll et la chanson c’est… c’est assez rare, quoi. Les gens arrivent d’abord à Paris, première parisienne, la presse, les médias, et ensuite quand l’spectacle est rodé… on amène le spectacle en province. Souvent les artistes en plus amènent pas le même spectacle en province Et là donc, j’ai… j’ai eu envie que… que pour une fois ce soit la province et Montpellier qui aient la… la primeur de mon spectacle. Pourquoi Montpellier, pourquoi pas Bordeaux ou Toulouse ou Metz ou Nancy ? Parc’que Montpellier c’est une ville pour laquelle j’ai beaucoup d’attachements sentimentaux parc’que d’abord j’trouve qu’c’est une ville très, très belle et puis c’est la ville où mon papa est né, où grand-père a vécu, où mon père a vécu. Mon grand-père, qui était prof de lettres, a enseigné dans l’université. Et après tournée en province dans tout l’reste de la France, Suisse, Belgique avec le même spectacle. Et heureusement avec le même décor, même nombre de musiciens, même mise en scène. Et l’décor c’est quand même… en province c’est quand même cinq camions.

"La ballade de Radius"  - 2007

Chanson fil rouge du film de Jean-Pierre Mocky - Le Deal - paroles d'André Ruellan, musique de Vladimir Cosma

Renaud l'interprête en plusieurs fois, tout en jouant de l'orgue de barbarie.

On voit du foot à la télé
Des mégalos pour l'Elysée
Des acharnés pour l'Assemblée
Des innocents emprisonnés

Mais Radius est un morpion
qui craint pour sa vie de con
(bis)

La foule a rempli les boulevards
Elle en a marre des cumulards
Des CPE* et des roublards
Des PDG à un milliard

Mais Radius est un scorpion
qui tient à sa vie de con
(bis)

Y'a l'effet de serre et les virus
qu'on attrape dans les autobus
Les OGM, les détritus
Dont le sang de la mer nourrit de fœtus

Et Radius le charançon
a peur pour sa vie de con
(bis)

On parle des favorisés
Mais jamais de défavorisés
Un plan social te fait virer
L'ascenseur social est cassé

Et Radius cherche une façon
de sauver sa vie de con
(bis)

Y'avait des ghettos bien peuplés
C'était facile à massacrer
A présent on a des cités
Le travail est fait à moitié

Et Radius le moribond
voit s'enfuir sa vie de con
(bis)

C'est en cherchant un alibi
Pour un crime qu'il n'a pas commis
Que Radius a perdu la vie
On fait pas mieux dans la connerie

Allez les bons citoyens
N'oubliez pas l'musicien
(bis)

"La goberge"  - 1969

Si je suis venu chanter ce soir
Pendant que vous vous gobergez
Si je suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez
C'est que je veux pas que vous dormiez
Votre conscience sous l'oreiller
Quand mes amis sont torturés

Mes amis, je les connais pas
Mes amis sont ici ou là
Mes amis sont les exploités
Tous ceux sur lesquels vous crachez
Mes amis sont les ouvriers

Si je suis venu chanter ce soir
Pendant que vous vous gobergez
Si je suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez
C'est que je veux pas que vous dormiez
Et que vos rêves soient dorés
Quand mon pays est enchaîné

Mon pays, je le connais pas
Mon pays est ici ou là
Mon pays, c'est un champ de blé
Où vous ne mettrez jamais les pieds
Mon pays, c'est la liberté

Si je suis venu chanter ce soir
Pendant que vous vous gobergez
Si je suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez
C'est que je veux pas que vous dormiez
Et que vos nuits soient sans danger
Quand mon amour se fait violer

Mon amour, je le connais pas
Mon amour est ici ou là
Mon amour est emprisonné
Toujours trahi, souvent bafoué
Mon amour, c'est la vérité

Si je suis venu chanter ce soir
Pendant que vous vous gobergez
Si je suis venu chanter trop tard
Peut-être pour que vous m'écoutiez
C'est que je veux pas que vous dormiez
C'est que je voudrais vous voir crever
Quand le pouvoir sera jugé

Le pouvoir, je le connais bien
Le pouvoir est entre vos mains
C'est celui des flics et des curés
Sur qui je suis venu cracher
Pour qui je suis venu chanter

 

"La musique" de Baudelaire

 

Renaud a récité un jour ce texte tiré des Fleurs du Mal (Spleen et idéal) :

 

"La Musique de Charles Baudelaire

 

La musique souvent me prend comme une mer

Vers ma pâle étoile 

sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, 

je mets à la voile.

La poitrine en avant et les poumons gonflés 

comme de la toile

J'escalade le dos des flots amoncelés 

que la nuit me voile.

Je sens vibrer en moi toutes les passions 

d'un vaisseau qui souffre

le bon vent, la tempête et ses convulsions, 

sur l'immense gouffre 

me bercent.

D'autres fois, calme plat, grand miroir 

de mon désespoir."

 

 

"Laisse béton" pour Laurent Boyer

 

Dans l'émission télévisée "FréquenStar" animée par Laurent Boyer, Renaud a interprété une parodie de "Laisse béton". 

 

"J'étais tranquille, j'étais peinard,

avec mes gonzesses et mon chien.

Quand on m'a dit y a Frequen'Star

qui vient t'interviewer demain.

Tu l'connais c'est Laurent Boyer, 

il est sympa, c'est un bon pote.

Il est gentil cet enfoiré, 

tu peux l'emmener dans ta roulotte

Si y t'pose des questions à la con

tu lui dis, laisse béton"

"Le lac" de Lamartine

Renaud a récité un jour ce texte.

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir!

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient- il ? nous voguions en silence,
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices
Suspendez votre cours !
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent :
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encor
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : " Sois plus lente "; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse.,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ? passés pour jamais ? quoi! tout entiers perdus ?
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus ?

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez?

O lac! rochers muets ! grottes! forêt obscure !
Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux !

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés!

Que le vent qui gémit le roseau qui soupire
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : " Ils ont aimé ! "

 

 

"Les ricains" 

 

Parodie de la chanson de Michel Sardou, lorsque les deux chanteurs étaient pour le moins en froid.

 

 

Si les ricains n'étaient pas là...

Si les Ricains n'étaient pas là

Vous seriez tous en Germanie

Vous savez aussi bien que moi

Qui a osé dire cette connerie

 

En fait ça serait peut-être un peu mieux

On serait Champions du monde de foot

On serait tous blonds aux yeux bleu

On boufferait de super choucroutes

 

Et si Jeanne d'Arc n'était pas là

Nous serions tous des britanniques

Et les Francs tireurs de l'IRA

Auraient à affronter nos flics

 

En fait ça serait peut-être pas plus con

Mick Jagger serait peut-être mon voisin de palier

Et au tournoi des 5 Nations

On serait peut-être pas toujours derniers

 

Si Charles Martel n'était pas là

Nous serions tous en Arabie

Nous serions tous en djellaba

Et en dromadaire dans Paris

 

En fait ... La vie serait bien plus belle

Les puits de pétroles seraient à nous

On viderait nous-mêmes nos poubelles

On fumerait du kif comme des fous

 

Si Michel Sardou n'était pas là

Le show-business sentirait bon

C'est peut-être un peu dur ce que je dis là

Mais j'ai pas de pitié pour les cons

 

 

"Lettre au Père-Noël"

 

A l'initiative d'une radio, des personnalités du show bizz devaient écrire 

leur lettre au Père Noel. Voici celle de Renaud :

 

Cher Père Noel !

J'veux pas te déranger longtemps parce que je sais que 

t'as pas mal de boulot en ce moment. Tu dois livrer à des

millions d'enfants, des millions de mitraillettes, des millions 

de pétrolettes, des panoplies de Bioman, des poupées Barbie,

des poupées Rambo, des milliers de maquettes de super vaisseau 

intersidéral d'Albator, le roi des cadors, tout plein de jouets à

la con qui font de nos chères petites têtes blondes de joyeux

guerriers de l'univers, prêts au combat, prêts à défendre la planète

contre Roboscop l'envahisseur, c'est cui qui chie quand il a peur.

 

Je voudrais que tu saches que je crois en toi cher père noel. J'ai plein 

de preuves : d'abord je vote ! Hé, c'est pas la preuve que je crois au

père noel ? A croire que les homes politiques peuvent changer la vie et le

destin des plus démunis. Ah bon ! Ensuite, je lis les journaux à la 

recherche d'une bonne nouvelle, mais à part le fait que c'est souvent 

un cheval qui gagne au tiercé et des boeux qui gagnent au loto sportif,

on peut pas dire que l'actualité soit très réjouissante. 

Les kurdes sont génocidés, les palestiniens mitraillés, les arméniens

décimés, les algériens et les turcs torturés, les immigrés expulsés,

les rebelles emprisonnés, les opposants iraniens assassinés, les enfants 

affamés, ou exploités, pendant que les militaires sont galonnés, les

ministères constitués, les marchands d'armes décorés pour leurs 

prouesses économiques et les présidents déifiés, et moi de mon côté,

je suis un peu enrhumé.

 

Cette année, cher père noel, pour être à la mode, dans ma crèche,

au pied du sapin pouilleux décimé par les pluies acides, j'ai mis un

petit Jesus fécondé in vitro, une vierge Marie avec un cocktail molotov

à la main, au cas où quelqu'un blasphémerait, un Joseph en tenue de 

camouflage et kalachnikov, pour protéger ses territoires occupés, 

et trois rois mages en costard-cravate et attaché-case. le premier est

banquier, le deuxième marchand de canons et le troisième journaliste.

Ils sont la puissance et ont le pouvoir sur tout ! le boeuf, j'l'ai envoyé

aux restos du coeur, où il sera plus utile débité en steaks hachés,

et l'âne y s'est cassé, puisque y avait le Top50 à la télé.

 

Sinon, cher père noel, pour mon cadeau, tu t'en fais pas, t'as qu'à

garder tes jouets pour les petits enfants, et moi tu m'envoies juste

une orange. Tu vas me trouver peut-être un peu chiant, mais si c'est une 

orange d'Afrique du Sud , tu la gardes.

 

Bon j'te laisse. ! faut que j'écrive aussi à mon cousin le père Fouettard,

voir s'il aurait pas un petit potin sur ton compte, comme quoi quand

t'étais petit, tu lui piquais ses jouets. Enfin, moi euh j'ai rien à dire, 

mais c'est un bruit qui court sur Europe 1 ! Ta ta tin.

 

Allez salut Père noel, c'était l'père Renaud, ta ta tin !!!"

 

 

"Love me Thatcher"

 

Lors d'une émission de Patrick Sebastien, Renaud a chanté 

une courte parodie de "Love me tender" d'Elvis Presley.

 

Love me Thatcher, love me true
Love me Miss Maggie.
J'ai beaucoup bavé sur vous,
J'm'en veux aujourd'hui.

Près de vous je m'agenouille,
et j'me mords les doigts.
Ca rime pas vraiment beaucoup,
j'suis pas souple du tout.

Love me Thatcher, love me true
Love me Miss Maggie.
J'veux vous rouler des patins
Et qu'on soit copains.

J'vous emmènerai ou j'habite,
j'vous f'rai voir ma montre.
Ca rime pas non plus tant pis,
I love you Maggie.
Ca rime pas non plus tant pis,
I love you Maggie.

 

"Mon paradis perdu"

 

Cette chanson, écrite à l'origine pou l'album "Boucan d'enfer" est uniquement disponible 

avec le livre " Renaud vu par Titouan Lamazou" et sur le "Renaud LONGBOX 3 CD". 

 

Mon paradis perdu c'est mon enfance
A jamais envolée, si loin déjà
La mélancolie s'acharne, quelle souffrance
J'ai eu 10 ans, je n'les ai plus, et je n'en reviens pas.

Les souvenirs s'estompent et le temps passe
La vie s'écoule, la vie s'enfuit, et c'est comme ça
Léo a dit "avec le temps, va, tout s'efface"
Sauf la nostalgie qui sera toujours là

Où sont-elles mes cabanes dans les bois
Et mes soldats de plomb ?
Où sont Akim et Blek le Roc et puis Zembla ?
Sont-ils morts pour de bon ?
Ils sont là, chaque seconde au fond de moi.

Mon paradis perdu c'est mon enfance
Qui était douce comme le miel quelquefois
Auprès de mes frères et mes soeurs quand, en silence
Nous écoutions les belles histoires de mon gentil Papa

Où sont-ils mes châtaigniers et mes torrents
Des Cévennes de mon coeur ?
Où est-elle ma Bête du Gévaudan
Qui me faisait si peur ?
Ils sont là, chaque seconde, au fond de moi.

Où est-il mon vieux vélo tout déglingué
Ma panoplie de Zorro, mon Jokari ?
Ma canne à pêche en bambou, et les allées
Du parc Montsouris ?
Ils sont là, à chaque seconde au fond de moi.

Mon paradis perdu c'est mon enfance
A jamais envolée, si loin déjà
Mon paradis perdu c'est l'innocence
Que je retrouve en toi
Mon enfant, ma Lolita...

 

"Monsieur Franco"

 

Renaud a écrit une chanson au titre de "Monsieur Franco, t'es qu'un salaud". 

Il voulait la placer sur l'album "Amoureux de Paname", mais cette chanson fut refusée par ses producteurs. 

Renaud dit l'avoir remplacée alors par  "Petite fille des sombres rues".

"P'tit Dèj blues"

Egalement tirée du film "Viens chez moi, j'habite chez une copine" 

Cette chanson accompagne Bernard Giraudeau lorsqu'il entame sa journée de travail au volant de sa camionnette.

 

"Ptit dèj blues" est la face B du 45 tours  " Viens chez moi, j'habite chez une copine"

et se trouve aussi sur le cd  "Les introuvables".

 

Ben voilà la galère c'est r'parti pour un tour
Carrément comme hier j'suis encore à la bourre
Pendant c'temps ma gonzesse doit sortir de la douche
Se fringuer en vitesse et se peindre la bouche
Et oublier peut-être que les yeux pleins de neige
Ce matin c'est son mec qui a fait son p'tit dej'
Son p'tit dej'

Ben voilà la galère j'enfile ma camionette
J'vais bouffer d'la poussière j'en ai déjà plein les guêtres
Je suis mal dans mes grolles et mal sur ma banquette
Et ces putains d'bagnoles qui me ruinent la tête
Pendant c'temps ma gonzesse baptise le plumard
Et regarde ses fesses dans la glac de l'armoire
De l'armoire

Ben voilà la galère marné pendant huit plombes
J'irai bien m'jeter une bière t't'à l'heure à la Rotonde
J'appellerai ma gonzesse pour lui dire que tout baigne
Mais non j'suis pas chez une maîtresse j'suis au bistrot et j't'aime
J'lui dirai n'oublie pas ce soir d'acheter du vin
Sinon y'en aura pas pour son p'tit dej' demain
Demain

 

 

"Quand j'etais chanteur" de Michel Delpech

 

Morceau que Renaud chantait dans les loges avant d'entrer en scène pour se chauffer la voix.

 

Voici le texte complet avec en gras la partie qu'on entend, 

légèrement modifiée dans l'enregistrement :

 

J'ai mon rhumatisme Qui devient gênant. 

Ma pauvre Cécile, J'ai soixante-treize ans. 

Je fais de la chaise longue Et j'ai une baby-sitter. 

Je traînais moins la jambe Quand j'étais chanteur. 

 

J'avais des boots blanches, Un gros ceinturon, 

Une chemise ouverte Sur un médaillon. 

C'était mon sourire Mon atout majeur. 

Je m'éclatais comme une bête Quand j'étais chanteur. 

 

Un soir à Saint-Georges, Je faisais la kermesse. 

Ma femme attendait, Planquée, dans la Mercédès. 

Elle s'est fait j'ter dans l'Indre Par tout mon fan-club. 

J'avais une vie d'dingue Quand j'étais chanteur. 

 

Les gens de la police Me reconnaissaient. 

Les excès de vitesse, Je les payais jamais. 

Toutes mes histoires S'arrangeaient sur l'heure. 

On m'pardonnait tous mes écarts Quand j'étais chanteur. 

 

Ma pauvre Cécile, J'ai soixante-treize (soixante-trois) ans. 

J'ai appris que Mick Jagger Est mort dernièrement. 

J'ai fêté les adieux de Sylvie Vartan.(Lara Fabian)

Pour moi, il y a longtemps qu'c'est fini. 

Je comprends plus grand'chose, aujourd'hui 

Mais j'entends quand même des choses que j'aime 

Et ça distrait ma vie. 

 

Pour moi, il y a longtemps qu'c'est fini. 

Je comprends plus grand'chose, aujourd'hui 

Mais j'entends quand même des choses que j'aime 

Et ça distrait ma vie...

 

 

"Ravachol" - 1974

 

Il s'app'lait Ravachol, c'était un anarchiste
qu'avait des idées folles, des idées terroristes.
Il fabriquait des bombes et les faisait sauter
pour emmerder le monde, les bourgeois, les curés.
A la porte des banques, dans les commissariats,
ça f'sait un double-bang, j'aurais aimé voir ça.
 
Mais un jour il fut trahi par sa meilleure amie,
livré à la police, la prétendue justice.
Au cours de son procès, il déclara notamment
n'avoir tué aucun innocent,
vu qu'il n'avait frappé que la bourgeoisie,
que les flics, les curés, les fonctionnaires pourris.
Mais le juge dit : Ravachol, on a trop discuté,
tu n'as plus la parole, maint'nant on va trancher!
 
Devant la guillotine il cita, ben voyons,
le camarade Bakounine et l'camarade Proudhon :
Si tu veux etre heureux pends ton propriétaire,
coupe les curés en deux, tue les p'tits fonctionnaires!
Son exemple fut suivi quelques années plus tard
par Emile Henry, autre ennemi du pouvoir.
 
Camarade qui veux lutter autour du drapeau noir,
drapeau d'la liberté, drapeau d'l'espoir,
rejoins le combat du Groupe Ravachol
et n'oublie surtout pas qu'la propriété, c'est l'vol!
Il s'app'lait Ravachol, c'était un anarchiste
qu'avait des idées pas si folles, des idées terroristes 

"Regardez bourgeois !" - 1969

C'était à prévoir Je l'avais prédit
Encore l'abattoir Encore la tuerie
Les flics rouillés Depuis Mai dernier
Ressortent des cars Avec leurs pétards

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

Comble de malheur Nos petits pavés
Ne sont pas en fleur On les a noyés
Sous le macadam Ils sont engloutis
Nous prendrons d'autres armes Couteaux ou fusils

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

Dans les bidonvilles D'Aubervillers
Dans ceux de Belleville On en a assez
De tous les cachots Monte la colère
Montent les impôts Baissent les salaires

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

Les casernes dégueulent Leurs soldats de bois
Leurs soldats de plomb Ou je ne sais quoi
Le sol est jonché D'un sang rouge et noir
Qui vient arroser Les pieds du pouvoir

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

Le pays entier Est paralysé
Usines occupées Grève illimitée
Les facs ne sont Plus que des bastions
Où sont éduqués Tous les enragés

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

La révolte éclate Les grenades aussi
Drapeaux écarlates Partout sont brandis
Guérille urbaine On tire des toits
Les lacrymogènes Pètent ça et là

Regardez bourgeois
Et la prochaine fois
Vous ne voterez pas!

Regardez bourgeois
Regarde papa
Pompidou est là

 

"Viens chez moi, j'habite chez une copine"

 

En 1981, sort le film de Patrice Leconte "Viens chez moi, j'habite chez une copine". 

Les principaux interprètes sont Michel Blanc, Bernard Giraudeau, Thérèse Liotard, Anémone. 

 

Renvoyé d'une station d'essence, Guy (M. Blanc) élit domicile "provisoirement" chez un couple 

d'amis, Daniel et Françoise. Dix huit mois plus tard.... il est toujours là !

 

Renaud signe 2 titres de la bande musicale dont la chanson-titre que l'on entend plusieurs fois dans le film.

 

"Viens chez moi j'habite chez une copine", a été édité en 45 tours (2056 873)

et se trouve aussi sur le cd  "Les introuvables".

 

J'ai l' coeur comme une éponge
Spécial pour fille en pleurs
Heureus'ment pa'c'que ma tronche
C'est pas vraiment une fleur
J'emballe tout c' qui s' présente
Les cousines les belles-soeurs
J'ai l' démon du bas ventre
Mon métier c'est dragueur
Dès que j' rencontre une frangine
J' lui dis : salut toi ça va
 
Viens chez moi j' habite chez une copine
Sur les bords au milieu c'est vrai qu' je crains un peu
 
Je glande un peu partout
Avec mon sac de couchage
Je suis dans tous les coups foireux
Tous les naufrages
J'ai des potes qu'ont d' l'argent
Ben y travaillent c'est normal
Moi mon métier c'est feignant
He mec t'as pas cent balles
J'ai des plans des combines
Pour vivre comme un pacha
 
Hé viens chez moi j'habite chez une copine
Sur les bords au milieu c'est vrai qu' je crains un peu
 
J'ai même été étudiant
Chômeur baby-sitter
Quand j' pense que mes parents
Voulaient qu' je sois docteur
Parfois quand j'ai du blé
Je flambe comme un malade
L' pognon j' l'ai pas gagné
Mais mon métier c'est minable
Ouah super la rouquine
Hé salut toi ça va
 
Viens chez moi j'habite chez une copine
Sur les bords au milieu c'est vrai qu' je crains un peu
He viens chez moi j'habite chez une copine
J'ai mon mat'las dans la cuisine
Alors tu viens si tu veux tranquille
Allez viens
Viens chez moi j' habite chez une copine
Allez viens la frangine
Allez viens
Non ah bon d'accord

 

 

 

 

 

 

Pour m’écrire :  mailto:patkurzen@hotmail.com