L'Univers de Renaud

                                    

Toutes les chansons en relation plus ou moins directe avec le chanteur énervant

 

 

Les pièces rares de Renaud

Le ptit bal du samedi soir et autres chansons réalistes

Les chansons de Cant'el Nord

Molly Malone et autres chansons irlandaises

Les reprises par Renaud avec d'autres

Les reprises par Renaud seul

Les reprises de Renaud par d'autres

Renaud chante avec les autres ses oeuvres

Les hommages et les citations par d'autres

Les enfoirés

Renaud écrit et compose pour les autres

Les parodies, adaptations et imitations par des artistes

Les reprises et adaptations dans d'autres langues

 

 

"La Bamba" de Ritchie Valens

 

Renaud a interprété la chanson "La Bamba" le 29 juin 1992 pour un "Concert d'un soir", 

diffusé sur la chaîne radiophonique française RTL. 

 

C'était le dernier concert à Paris de la tournée pour l'album "Marchand de cailloux". 

 

Para bailar la bamba,
Para bailar la bamba,
Se necesita una poca de gracia.
Una poca de gracia pa mi pa ti.
Arriba y arriba
Y arriba y arriba, por ti sere,
Por ti sere.
Por ti sere.

Yo no soy marinero.
Yo no soy marinero, soy capitan.
Soy capitan.
Soy capitan.

Ba-ba-bamba,
Ba-ba-bamba,
Ba-ba-bamba,

Para bailar la bamba,
Para bailar la bamba, se necesita una poca de gracia.
Una poca de gracia pa mi pa ti.
Arriba, arriba.

Para bailar la bamba,
Para bailar la bamba,
Se necesita una poca de gracia.
Una poca de gracia pa mi pa ti.
Arriba y arriba
Y arriba y arriba, por ti sere,
Por ti sere.
Por ti sere.

Ba-ba-bamba.
Ba-ba-bamba.
Ba-ba-bamba.

 

 

"Quand t'es dans le désert" de Jean-Patrick Capdevielle

 

Elle a été interprétée par Renaud dans les années 1980 

dans l'émission comique "Tribunal des Flagrants Délires" de la radio "France Inter".

 

Renaud chantait aussi parfois cette chanson en fin de concert, 

notamment en dernier rappel de ses concerts lors de la tournée de 1983. 

 

 

Moi je traîne dans le désert depuis plus de 28 jours
Et déjà quelques mirages me disent de faire demi-tour
La fée des neiges me suit tapant sur son tambour
Les fantômes du syndicat, des marchands de certitudes
Se sont glissés jusqu'à ma lune, reprochant mon attitude
C'est pas très populaire le goût d'la solitude

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps
Tu t'demandes à qui ça sert
Toutes les règles un peu truquées
Du jeu qu'on veut te faire jouer
Les yeux bandés

Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre
Foncent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste,
Je crois pas qu'ils viennent me parler d'la joie d'la vie d'artiste
D'l'autre coté, voilà Caïn toujours aussi lunatique
Son oeil est rempli de sable et sa bouche pleine de verdicts
Il trône dans un cimetière de vielles pelles mécaniques

{au Refrain}

Les gens disent que les poètes finissent tous trafiquants d'armes
On est 50 millions de poètes, c'est ça qui doit faire notre charme
Sur une lune de Saturne mon perroquet sonne l'alarme
C'est drôle mais tout le monde s'en fout
Vendredi tombant nul part, y a Robinson solitaire
Qui m'a dit : " j'trouve plus mon île, vous n'aurriez pas vu la mer "
Va falloir que j'lui parle du thermonucléaire

{au Refrain}

Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps
Tu t'demandes à qui ça sert
Les yeux bandés

Hier un homme est venu vers moi d'une démarche un peu traînante
Il m'a dit t'as tenu combien d'jours j'ai répondu bientôt 30
J'm'souviens qu'il espérait tenir jusqu'à 40
Quand j'lui ai demandé son message, il m'a dit d'un air tranquille:
Les politiciens finiront tous un jour au font d'un asile
J'ai compris que je pourrais bientôt regagner la ville

{au Refrain, x2}

 

 

"Sidi h'bibi"

 

Sidi h'bibi, chant traditionnel arabe, a été interprétée par

Renaud sur l'album collectif "Diversions" en 1990.

Il figure également sur le cd "Les introuvables".

 

Ce morceau a également été repris par

-la Mano Négra

- Enrico Macias

- Brahim Izri

Cette chanson est notamment chantée dans les pays arabes lors des cérémonies de mariage. 

 

Haili haili sidi h'bibi fain houa (x4) 

Sidi h'bibi ahoua 

Massah'rini ahoua 

Lam'hazbini ahoua 

Oua h'bibi malou oun'sani 

 

Haili haili sidi h'bibi fain houa

Ana m'rid ana m'rid 

Hata m'rid mabia

 

Haili haili sidi h'bibi fain houa 

Ijini oua'ijini oua'ijini bah'ma 

Haili haili sidi h'bibi fain houa 

 

Sidi h'bibi ahoua 

Massah'rini ahoua 

Lam'hazbini ahoua 

Oua h'bibi malou oun'sani 

 

Haili haili sidi h'bibi fain houa (x12) 

 

"La rue Lepic" de Jean Meyrand (pseudonyme des Nuls)

 

Renaud a interprété ce petit morceau dans "Les Nuls, l'émission "en 1992

 

"68 c'était hier pour moi aussi et
Puis y'a eu la rue Lepic
On bouffait du riz cantonais
Et puis soudain ils ont charge les flics.

Et toi Jeannette tu es tombee Jeannette
Jeannette ils ne t'ont pas tuée non
Mais Paris n'est pas Santiago du Chili
Vous n'arriverez pas a bâillonner la liberté du peuple

Je me souviens je me souviens
La rue Lepic
Jeannette
Au revoir Jeannette - on bouffait du riz cantonais
Et puis soudain ils ont charge!"

 

 

"Macadam" de Blue Jean Society

 

Sur le premier album du groupe Blue Jean Society "Macadam" (le chanteur étant Emmanuel Lods), 

Renaud a récité ce texte qui parle de l'exclusion et des SDF.  

Sur la pochette du CD, on peut lire : "un merci beaucoup infiniment à Renaud pour ce qu'il sait et ce qu'il est".

Aux Francofolies, aux environs de 1995, Renaud l'a chantée avec les Blue Jean Society.

 

"Le loto national n'enrichit que les voisins

sinon c'est Germinal dans l'métro parisien.

Y a des drogués plein d'poils qui taxent du fric tout le temps.

C'est écrit dans l'journal, je l'sais, j'dors dedans.

 

J'paie un loyer de dix balles, dans une consigne de gare.

Je m'douche municipal, avec des types bizarres.

J'ai même chopé la gale. Ca s'fait plus depuis longtemps

C'est écrit dans l'journal, je l'sais, j'dors dedans.

 

J'dors à la belle étoile, entre Etoile et Nation,

dans un train qui dévoile Paris, et ses constellations.

Les lunes de Buzenval, le chien d'Ménilmontant,

La grande ourse de Pigalle, j'la connais, j'dors dedans.

 

Des Safrane bleu-métal promènent des présidents,

les princesses de Galles qui paraît-il chialent tout le temps.

L'Europe des crève-la-dalle s'fait lentement mais sûrement,

dans l'trou d'Châtelet-Les Halles, je l'sais, j'dors dedans.

tatatin"

 

 

"Fanny de recouvrance" de MacOrlan

 

"Fanny de recouvrance" est une chanson que des matelots auraient apprises à Renaud à Ténériffe. 

Elle est également connue sous le titre "Fanny de Laninon"

 

Renaud a chanté cette chanson, a cappella, dans une émission radio en 1984. 

 

Renaud interprétait aussi une partie de cette chanson, en début de ses concerts en Bretagne, 

pour faire la balance au niveau acoustique. "Recouvrance" est un vieux quartier de Brest.

  

Allons sur le quai Gaydon, devant l'petit pont, chanter la chanson
Le branl'bas de la croisière, et dans la blanch' baleinière
Jean Bouin, notre brigadier, son bonnet capelé, un peu su'l'côté
Me rappelle mon bâtiment, c'était le bon temps, celui d'mes vingt ans.
Le bidel capitain' d'armes, et son cahier d'punis
Dans la Cayenn' f'sait du charme, à je n'sais quelle souris
Mais j'ai dans l'coeur une souffrance, quand le quartier-maître clairon
Sonnait en haut d'Recouvrance, aux fill's de Lanninon.

La plus bell' de Lanninon, Fanny Kersauzon, m'offrit un pompon
Un pompon de fantaisie, c'était elle ma bonne amie
Elle fréquentait un bistrot, rempli de mat'lots, en face du dépôt
Quand je r'pense à mes plaisirs, j'aime mieux m'étourdir que d'me souvenir.
Ah, Fanny de Recouvrance, j'aimais tes yeux malins
Quand ton geste plein d'élégance balançait les marsouins
Je n'étais pas d'la maistrance, mais j'avais l'atout en main
Quand tu v'nais m'voir le dimanche, sur le "Dugay-Trouin".

A c't'heure, je suis retraité, aux Ponts et Chaussées, maître timonier
Je fais le service des phares, et j'écoute la fanfare
De la mer en son tourment, d'Molène à Ouessant, quand souffle le vent
L'tonnerre de Brest est tombé, pas du bon côté, tout s'est écroulé.
Dans c'qui reste de Recouvrance, n'logerait pas un "sacco"
Et Fanny ma connaissance est morte dans son bistrot.
J'n'ai plus rien en survivance, et quand je bois un coup d'trop
Je sais que ma dernière chance s'ra d'faire mon trou dans l'eau.

 

 

"Le temps des cerises" de Jean-Baptiste Clément

 

Dans une émission télévisée "Les Enfants du rock" consacrée au Zénith 88, on peut voir Renaud, 

juste avant un concert, chanter "Le Temps des cerises".avec ses choristes, et un peu d'accordéon.

 

Quand nous en serons au temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles
Cerises d'amour aux robes pareilles
Tombant sous la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant

Quand vous en serez au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Evitez les belles
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai pas sans souffrir un jour
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des chagrins d'amour

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne saura jamais calmer ma douleur
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur

 

 

"Celui qui a mal tourné" de Georges Brassens

 

Cette chanson a été enregistrée sur  l'album "Ils chantent Brassens" (1996).

 

Il y avait des temps et des temps
Qu'je n'm'étais pas servi d'mes dents
Qu'je n'mettais pas d'vin dans mon eau
Ni de charbon dans mon fourneau
Tous les croqu'-morts, silencieux
Me dévoraient déjà des yeux
Ma dernière heure allait sonner
C'est alors que j'ai mal tourné

N'y allant pas par quatre chemins
J'estourbis en un tournemain
En un coup de bûche excessif
Un noctambule en or massif
Les chats fourrés, quand ils l'ont su
M'ont posé la patte dessus
Pour m'envoyer à la Santé
Me refaire une honnêteté

Machin, Chose, Un tel, Une telle
Tous ceux du commun des mortels
Furent d'avis que j'aurais dû
En bonn' justice être pendu
A la lanterne et sur-le-champ
Y s'voyaient déjà partageant
Ma corde, en tout bien tout honneur
En guise de porte-bonheur

Au bout d'un siècle, on m'a jeté
A la porte de la Santé
Comme je suis sentimental
Je retourne au quartier natal
Baissant le nez, rasant les murs
Mal à l'aise sur mes fémurs
M'attendant à voir les humains
Se détourner de mon chemin

Y'en a un qui m'a dit: " Salut !
Te revoir, on n'y comptait plus"
Y'en a un qui m'a demandé
Des nouvelles de ma santé
Lors, j'ai vu qu'il restait encor
Du monde et du beau mond' sur terre
Et j'ai pleuré, le cul par terre
Toutes les larmes de mon corps

 

 

"Six feuilles mortes de San Francisco" de Mouloudji

 

Chanson interprétée, le 26 mars 1992 dans l'émission télévisée "La Chance aux Chansons"

 

Je t'envoie six feuilles mortes de San Francisco
Des poissons volants volés à Valparaiso
Une vague de ciel, un joli clair de terre
Un morceau d'océan, une cuillère de désert.
Je t'envoie un volcan, je t'envoie des oiseaux,
Des baleines, des hâleurs, un typhon, des bateaux,
Une aurore boréale, une rivière, une poupée,
Et des étoiles tombées sur le pont du bateau...

Au long de la croisière je ne pense qu'à toi
Pas mis le nez à terre tant j'ai le mal de toi.

Je t'envoie six feuilles mortes de San Francisco
Trois soleils et trois lunes volés à Mexico
Un récif de corail, une petite sirène
Comme on en voit danser à minuit sur la Seine,
Je t'envoie des brillants du ciel d'Acapulco,
Une poignée de neige du Kilimandjaro,
Une rose de Rio, une araignée du soir,
Et dix mille kilomètres de "je t'aime" en sautoir.

J'en ai le mal ma chère, de ta chère chair en soie
J'en ai le mal de terre, j'en ai le mal de toi.

Je t'envoie six feuilles mortes de San Francisco
Je t'envoie ces diamants qui rigolent sur l'eau
Je t'envoie mon amour et caresse la chaîne
Qui relie nos deux coeurs du navire à la Seine.

 

 

"Les oiseaux de passage" de Georges Brassens

 

Renaud a enregistré cette chanson en 1996.

L'enregistrement n'était pas en vente directement au public.

 

La chanson était sur un Cd promotionnel (un seul titre) qui était offert avec le CD "Renaud chante Brassens" 

 

 

Ô vie heureuse des bourgeois Qu'avril bourgeonne
Où que decembre gèle, Ils sont fiers et contents
Ce pigeon est aimé,Trois jours par sa pigeonne
Ça lui suffit il sait Que l'amour n'a qu'un temps

Ce dindon a toujours Béni sa destinée
Et quand vient le moment De mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs C'est là que je suis née
Je meurs près de ma mère Et je fais mon devoir

Elle a fait son devoir C'est a dire que Onques
Elle n'eut de souhait Impossible elle n'eut
Aucun rêve de lune Aucun désir de jonque
L'emportant sans rameurs Sur un fleuve inconnu

Et tous sont ainsi faits Vivre la même vie
Toujours pour ces gens là Cela n'est point hideux
Ce canard n'a qu'un bec Et n'eut jamais envie
Où de n'en plus avoir Où bien d'en avoir deux

Ils n'ont aucun besoin De baiser sur les lèvres
Et loin des songes vains Loin des soucis cuisants
Possèdent pour tout cœur Un viscère sans fièvre
Un coucou régulier Et garanti dix ans

Ô les gens bienheureux Tout à coup dans l'espace
Si haut qu'ils semblent aller Lentement en grand vol
En forme de triangle Arrivent, planent, et passent
Où vont ils? ... qui sont-ils ? Comme ils sont loins du sol

Regardez les passer, eux Ce sont les sauvages
Ils vont où leur desir Le veut par dessus monts
Et bois, et mers, et vents Et loin des esclavages
L'air qu'ils boivent Ferait éclater vos poumons

Regardez les avant D'atteindre sa chimère
Plus d'un l'aile rompue Et du sang plein les yeux
Mourra. Ces pauvres gens Ont aussi femme et mère
Et savent les aimer Aussi bien que vous, mieux

Pour choyer cette femme Et nourrir cette mère
Ils pouvaient devenir Volailles comme vous
Mais ils sont avant tout Des fils de la chimère
Des assoiffés d'azur Des poètes des fous

Regardez les vieux coqs Jeune Oie édifiante
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu'eux
{2x}

Et le peu qui viendra d'eux à vous
C'est leur fiante
Les bourgeois sont troublés
De voir passer les gueux

 

 

"L'orage" et "Le Gorille" de Georges Brassens

 

Dans l'émission télévisée, FréquenceStar animée par Laurent Boyer, 

Renaud a interprété un medley de ces deux chansons.

 

L'orage

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoute et m'fait grincer les dents
Le bel azur me met en rage
Car le plus grand amour qui m'fut donné sur terr'
Je l'dois au mauvais temps, je l'dois à Jupiter
Il me tomba d'un ciel d'orage

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits
Un vrai tonnerr' de Brest, avec des cris d'putois
Allumait ses feux d'artifice
Bondissant de sa couche en costume de nuit
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices

" Je suis seule et j'ai peur, ouvrez-moi, par pitié
Mon époux vient d'partir faire son dur métier
Pauvre malheureux mercenaire
Contraint d'coucher dehors quand il fait mauvais temps
Pour la bonne raison qu'il est représentant
D'un' maison de paratonnerres "

En bénissant le nom de Benjamin Franklin
Je l'ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins
Et puis l'amour a fait le reste
Toi qui sèmes des paratonnerr's à foison
Que n'en as-tu planté sur ta propre maison
Erreur on ne peut plus funeste

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs
La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
Et recouvré tout son courage
Rentra dans ses foyers fair' sécher son mari
En m'donnant rendez-vous les jours d'intempérie
Rendez-vous au prochain orage

A partir de ce jour j'n'ai plus baissé les yeux
J'ai consacré mon temps à contempler les cieux
A regarder passer les nues
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus
A faire les yeux doux aux moindres cumulus
Mais elle n'est pas revenue

Son bonhomm' de mari avait tant fait d'affair's
Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer
Qu'il était dev'nu millionnaire
Et l'avait emmenée vers des cieux toujours bleus
Des pays imbécil's où jamais il ne pleut
Où l'on ne sait rien du tonnerre

Dieu fass' que ma complainte aille, tambour battant
Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps
Auxquels on a t'nu tête ensemble
Lui conter qu'un certain coup de foudre assassin
Dans le mill' de mon cœur a laissé le dessin
D'un' petit' fleur qui lui ressemble

 

Le gorille

 

C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !...

Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose
Qu'on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...

L'patron de la ménagerie
Criait, éperdu : "Nom de nom !
C'est assommant car le gorille
N'a jamais connu de guenon !"
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau,
Au lieu de profiter de la chance,
Elle fit feu des deux fuseaux !
Gare au gorille !...

Celles là même qui, naguère,
Le couvaient d'un œil décidé,
Fuirent, prouvant qu'elles n'avaient guère
De la suite dans les idées ;
D'autant plus vaine était leur crainte,
Que le gorille est un luron
Supérieur à l'homme dans l'étreinte,
Bien des femmes vous le diront !
Gare au gorille !...

Tout le monde se précipite
Hors d'atteinte du singe en rut,
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut;
Voyant que toutes se dérobent,
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat !
Gare au gorille !...

"Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...

Supposez que l'un de vous puisse être,
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre,
Lequel choisirait-il des deux ?
Qu'une alternative pareille,
Un de ces quatres jours, m'échoie,
C'est, j'en suis convaincu, la vieille
Qui sera l'objet de mon choix !
Gare au gorille !...

Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !...

 

"No Surrender"  de Bruce Springsteen

 

Interprétée lors du concert au Zénith de Paris le 25 février 1986.

 

We busted out of class had to get away from those fools
We learned more from a three minute record than we ever learned in school
Tonight I hear the neighborhood drummer sound
I can feel my heart begin to pound
You say you're tired and you just want to close your eyes and follow your dreams down

We made a promise we swore we'd always remember
No retreat no surrender
Like soldiers in the winter's night with a vow to defend
No retreat no surrender

Now young faces grow sad and old and hearts of fire grow cold
We swore blood brothers against the wind
I'm ready to grow young again
And hear your sister's voice calling us home across the open yards
Well maybe we could cut someplace of our own
With these drums and these guitars

Blood brothers in the stormy night with a vow to defend
No retreat no surrender

Now on the street tonight the lights grow dim
The walls of my room are closing in
There's a war outside still raging
you say it ain't ours anymore to win
I want to sleep beneath peaceful skies in my lover's bed
with a wide open country in my eyes
and these romantic dreams in my head

 

 

"Mimi la douce" de Pierre Perret

 

Interprétée lors d'une émission radiophonique. 

 

Ecoutez l'histoire de Mimi
Mimi la douce pour les amis
Mimi cœur sec pour les blancs-becs
Ses vingt berges elle les faisait même pas
Elle avait qu'à siffler comme ça
Vingt types s'écroulaient dans ses bras
Moi je lui brodais trois fois par jour
De délirants billets d'amour
De la même encre qu'ses yeux doux
Ses grands yeux tiraient sur le violet
Sa peau était un bol de lait
Que je lapais comme un matou

{Refrain:}
Elle avait ma p'tite violette
De chouettes mirettes
Un corps de fête
Que j'endimanchais d'un costume de baisers

L'amour c'est bath me dit-elle un jour
Mais on est fauché mon amour
Faudrait casser chez les rupins
Je lui dis t'oublies que je suis chanteur
Un jour j'aurais des droits d'auteur
Et on pétera dans le satin
Elle me dit les poules auront des dents
Soyons pas vaches en attendant
Soulageons les riches malheureux
Moi pour un seul de ses cheveux clairs
J'aurais foutu un type en l'air
Si elle m'avait dit efface-le

{au Refrain}

On a d'abord fait les perceptions
Les coffres des allocations
Les bijouteries pleines de promesses
C'est pénible à dire et c'est honteux
Au moment d'estourbir les vieux
Je mouillais ma chemise comme une gonzesse
Je commençais juste à me faire la main
Quand toute la maison poulardin
Nous a mis le grappin su'l'dos
Maintenant je suis tondu comme un veau
Ils l'ont mise à la petite Roquette
Et moi en centrale à Clairvaux

{Refrain:}
Ma je retrouverai ma violette
Tes chouettes mirettes
Ton corps de fête
Que j'endimancherai d'un costume de baisers

 

 

"Lily" de Pierre Perret

 

Interprétée lors d'une émission tv (Imprévus - La cinquième m'enchante) le 19 août 1998.

 

 

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d'Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s'est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l'épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l'Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir
Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s'unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur
Et c'est pour conjurer sa peur Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l'enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.

 

 

"Le petit garçon" de Serge Reggiani

 

Figure sur l'album hommage à Serge Reggiani, intitulé "Autour de Serge Reggiani".

 

Ce soir mon petit garçon
Mon enfant, mon amour
Ce soir, il pleut sur la maison
Mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles!
On reste tous les deux
On va bien jouer ensemble
On est là tous les deux
Seuls

Ce soir elle ne rentre pas
Je n'sais plus, je n'sais pas
Elle écrira demain peut-être
Nous aurons une lettre
Il pleut sur le jardin
Je vais faire du feu
Je n'ai pas de chagrin
On est là tous les deux
Seuls

Attend, je sais des histoires
Il était une fois
Il pleut dans ma mémoire
Je crois, ne pleure pas
Attends, je sais des histoires
Mais il fait un peu froid, ce soir
Une histoire de gens qui s'aiment
Une histoire de gens qui s'aiment

Tu vas voir
Ne t'en vas pas
Ne me laisse pas

Je ne sais plus faire du feu
Mon enfant, mon amour
Je ne peux plus grand-chose
Mon garçon, mon amour
Comme tu lui ressembles!
On est là tous les deux
Perdus parmi les choses
Dans cette grande chambre
Seuls

On va jouer à la guerre
Et tu t'endormiras
Ce soir, elle ne sera pas là
Je n'sais plus, je n'sais pas
Je n'aime pas l'hiver
Il n'y a plus de feu
Il n'y a plus rien à faire
Qu'à jouer tous les deux
Seuls

Attends, je sais des histoires
Il était une fois
Je n'ai plus de mémoire
Je crois, ne pleure pas
Attends, je sais des histoires
Mais il est un peu tard, ce soir
L'histoire des gens qui s'aimèrent
Et qui jouèrent à la guerre

Ecoute-moi
Elle n'est plus là
Non... ne pleure pas... !

 

 

"Rien à te mettre" de Benoit Dorémus

 

Renaud interprète cette chanson dans la version double de l' album Rouge sang paru en 2006

 

J'ai du mal à admettre
Que t'aies plus rien à te mettre
Je crois que c'est qu'une excuse
Pour traîner
En petite culotte
Et vérifier ta cote
Je connais cette ruse
Je te connais

Tu voudrais me faire croire
Que t'ignores tes pouvoirs
Mais tu l'as bien compris
Ils sont grands
Me faire entrouvrir la bouche
Voir ma tête quand je louche
Ce doit être ça qui
T'amuse tant

Sur le lit, tu fais un tas
Des fringues que tu veux pas
De tout ce que tu aimais
Hier
Comme je suis encore au pieu
Je me retrouve au milieu
Je n'ose plus bouger, je fais
Pas le fier

Mais tu fredonnes enfin
Une chanson que t'aimes bien
Une que j'avais écrite
Pour toi
D'accord pour que tu chasses
Ce qui n'a plus sa place
S'il en reste une petite
Pour moi

La marque de tes dentelles
Les marques de tes bretelles
Il faut être moi pour
Les voir
T'examines une chemise
Longtemps que tu l'as pas mise
Je te le dis juste pour
Mémoire

Oh, tu peux toujours renoncer
A cette robe un peu osée
C'est une précaution
Inutile
T'es une fleur maléfique
Déjà trop magnifique
Dans tes hésitations
Textiles

Tu sais que si tu veux
Je te prête un jean bleu
Et un t-shirt qui sera
Trop grand
Le risque c'est qu'avec
On te prenne pour ton mec
Vu que d'habitude c'est moi
Dedans

Alors je te propose un truc
Depuis le temps que je te reluque
Je t'enlève tes derniers
Pétales
Et je t'offre ma peau
Je suis un vêtement chaud
Je suis sûr de t'aller
Pas mal

Je t'offre ma peau
Je suis un vêtement chaud
Je suis sûr de t'aller
Pas mal-a-la, la la la la...

Alors je te propose un truc
Depuis le temps que je te reluque
Je t'arrache tes derniers
Pétales
Et je t'offre ma peau
Je suis un vêtement chaud
Je suis sûr de t'aller
Pas mal

Je t'offre ma peau
Je suis un vêtement chaud
Je suis sûr de t'aller
Pas mal

 

 

"Si tu me paies un verre" de Serge Reggiani (paroles de Bernard Dimey)

 

Renaud a interprèté cette chanson sur la scène des Francofolies, lors de l'anniversaire de Jean-Louis Foulquier.

 

Si tu me payes un verre, je n'te demand'rai pas
Où tu vas, d'où tu viens, si tu sors de cabane
Si ta femme est jolie ou si tu n'en as pas
Si tu traînes tout seul avec un cœur en panne
Je ne te dirai rien, je te contemplerai
Nous dirons quelques mots en prenant nos distances
Nous viderons nos verres et je repartirai
Avec un peu de toi pour meubler mon silence

Si tu me payes un verre, tu pourras si tu veux
Me raconter ta vie, en faire une épopée
En faire un opéra... J'entrerai dans ton jeu
Je saurai sans effort me mettre à ta portée
Je réinventerai des sourir' de gamin
J'en ferai des bouquets, j'en ferai des guirlandes
Je te les offrirai en te serrant la main
Il ne te reste plus qu'à passer la commande

Si tu me payes un verre, que j'ai très soif ou pas
Je te regarderai comme on regarde un frère
Un peu comme le Christ à son dernier repas
Comme lui je dirai deux vérités premières
Il faut savoir s'aimer malgré la gueul' qu'on a
Et ne jamais juger le bon ni la canaille
Si tu me payes un verre, je ne t'en voudrai pas
De n'être rien du tout... Je ne suis rien qui vaille

Si tu me payes un verre, on ira jusqu'au bout
Tu seras mon ami au moins quelques secondes
Nous referons le monde, oscillants mais debout
Heureux de découvrir que si la terre est ronde
On est aussi ronds qu'elle et qu'on s'en porte bien
Tu cherchais dans la foule une voix qui réponde
Alors, paye ton verre et je t'aimerai bien
Nous serons les cocus les plus heureux du monde

 

 

"La folle complainte" de Charles Trenet

 

Interprétée lors d'une émission tv (Star 90 - spécial Trenet) en 1992.

 

Les jours de repassage,
Dans la maison qui dort,
La bonne n'est pas sage
Mais on la garde encore.
On l'a trouvée hier soir,
Derrière la porte de bois,
Avec une passoire, se donnant de la joie.
La barbe de grand-père
A tout remis en ordre
Mais la bonne en colère a bien failli le mordre.
Il pleut sur les ardoises,
Il pleut sur la basse-cour,
Il pleut sur les framboises,
Il pleut sur mon amour.

Je me cache sous la table.
Le chat me griffe un peu.
Ce tigre est indomptable
Et joue avec le feu.
Les pantoufles de grand-mère
Sont mortes avant la nuit.
Dormons dans ma chaumière.
Dormez, dormons sans bruit.

Berceau berçant des violes,
Un ange s'est caché
Dans le placard aux fioles
Où l'on me tient couché.
Remède pour le rhume,
Remède pour le cœur,
Remède pour la brume,
Remède pour le malheur.

La revanche des orages
A fait de la maison
Un tendre paysage
Pour les petits garçons
Qui brûlent d'impatience
Deux jours avant Noël
Et, sans aucune méfiance,
Acceptent tout, pêle-mêle :
La vie, la mort, les squares
Et les trains électriques,
Les larmes dans les gares,
Guignol et les coups de triques,
Les becs d'acétylène
Aux enfants assistés
Et le sourire d'Hélène
Par un beau soir d'été.

Donnez-moi quatre planches
Pour me faire un cercueil.
Il est tombé de la branche,
Le gentil écureuil.
Je n'ai pas aimé ma mère.
Je n'ai pas aimé mon sort.
Je n'ai pas aimé la guerre.
Je n'ai pas aimé la mort.
Je n'ai jamais su dire
Pourquoi j'étais distrait.

Je n'ai pas su sourire
A tel ou tel attrait.
J'étais seul sur les routes
Sans dire ni oui ni non.
Mon âme s'est dissoute.
Poussière était mon nom.

 

 

 

 

 

 

Pour m’écrire :  mailto:patkurzen@hotmail.com